Origine et histoire
Le musée Féru des sciences, officiellement nommé Musée de l’Histoire du fer, trouve son origine dans l’initiative d’Édouard Salin, membre de l’Institut et archéologue spécialiste de la période mérovingienne. Passionné par la préservation des collections archéologiques, il fonde en 1950 le Laboratoire d’Archéologie des Métaux avec Albert France-Lanord. À la suite du colloque international « Le Fer à travers les âges » organisé en octobre 1955 à Nancy, l’idée émerge de créer un Centre de Recherches de l’Histoire de la Sidérurgie, associé à un musée retraçant les techniques sidérurgiques. Le projet rassemble des acteurs majeurs comme la Ville de Nancy, le CNRS, la Chambre Syndicale de la Sidérurgie Française et l’Université de Nancy. Le choix se porte finalement sur une implantation à Jarville-la-Malgrange, commune de l’agglomération nancéienne liée à la tradition sidérurgique.
Le bâtiment, conçu par les architectes Jacques et Michel André en collaboration avec Claude Prouvé (fils de Jean Prouvé), est érigé au début des années 1960 sur le parc de Montaigu. Inauguré en 1966 par Jean Châtelain, alors directeur des musées de France, il incarne une architecture pionnière en acier, avec une ossature en fer profilé et des façades vitrées en retrait, créant une « cage de verre portée ». Cette structure, primée par l’Équerre d’argent en 1969 et labellisée Patrimoine du XXe siècle en 2015, symbolise les révolutions techniques et esthétiques de la région, historiquement marquée par l’industrie du fer. Les collections, initialement rassemblées par l’historien Bertrand Gille, couvrent 3 500 ans d’histoire, de 1500 av. J.-C. au XXe siècle, à travers outils, machines, armes et objets d’art.
Le musée s’inscrit dans un ensemble patrimonial incluant le Château de Montaigu, reconstruit en 1921 dans un style Art déco après un incendie. Édouard et Suzanne Salin, derniers propriétaires, y ont constitué une collection exceptionnelle de meubles, sculptures et instruments de musique. Ce lieu, à la fois centre de recherche et espace muséographique, illustre le lien entre science, industrie et patrimoine en Lorraine, tout en mettant en valeur l’héritage technique et artistique de la région.