Propriété de Charles Houiller 1831 (≈ 1831)
Cadastre mentionne un manège à chevaux.
vers 1835
Reconstruction du logement est
Reconstruction du logement est vers 1835 (≈ 1835)
Partie est du logement patronal rebâtie.
2e moitié du XVIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale 2e moitié du XVIIIe siècle (≈ 1850)
Ateliers en pan de bois édifiés.
vers 1865
Reconstruction du logement ouest
Reconstruction du logement ouest vers 1865 (≈ 1865)
Partie ouest du logement patronal achevée.
vers 1870
Fin de l'activité textile
Fin de l'activité textile vers 1870 (≈ 1870)
Cessation attestée par les sources.
28 novembre 1997
Classement monument historique
Classement monument historique 28 novembre 1997 (≈ 1997)
Inscription des façades et ateliers.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures des bâtiments sur rue ; bâtiments d'ateliers bordant la cour, chacun en totalité ; emprise foncière de la cour (cad. AE 240) : inscription par arrêté du 28 novembre 1997
Personnages clés
Charles Houiller - Fabricant de draps
Propriétaire attesté en 1831.
Origine et histoire de la Filature
La filature Charles Houiller est une manufacture textile située à Elbeuf (Seine-Maritime), construite entre la 2e moitié du XVIIIe siècle et le 3e quart du XIXe siècle. Organisée en plan en U autour d’une cour rectangulaire, elle comprend trois ateliers en pan de bois avec remplissage de brique, surélevés au XIXe siècle, ainsi qu’un logement patronal en brique donnant sur la rue de la République. Les ateliers ouest et nord conservent des traces de leur usage originel, comme des écuries au rez-de-chaussée ou un ancien essentage en écailles de châtaignier. Le site, d’une surface de 1 125 m2, attestait aussi d’un manège à chevaux pour la filature, disparu aujourd’hui.
La manufacture appartenait au fabricant de draps Charles Houiller, comme l’atteste le cadastre de 1831. Son logement patronal fut reconstruit en deux phases : la partie est vers 1835, et la partie ouest vers 1865. L’activité textile, combinant filature et tissage de laine, cessa vers 1870, bien que le cadastre mentionne encore une production en 1882. Au XXe siècle, le site fut reconverti en épicerie fine, puis réhabilité en immeuble d’habitations. Les façades, toitures et ateliers bordant la cour furent inscrits aux monuments historiques le 28 novembre 1997, préservant ainsi un témoignage majeur de l’industrie lainière normande.
Architecturalement, les ateliers présentent des caractéristiques typiques des manufactures pré-industrielles : étages carrés surmontés de combles, lucarnes, et un grenier-étente (aujourd’hui fermé). L’atelier ouest, le plus imposant avec trois étages carrés, conserve des éléments originaux comme des baies partiellement obstruées. Le porche d’entrée, prolongé par un édicule en brique servant de conciergerie et bureau, ferme l’ensemble sur la rue. Ce site reflète l’évolution des techniques de production textile, depuis l’artisanat du XVIIIe siècle jusqu’à la mécanisation naissante du XIXe siècle.
La filature s’inscrit dans le contexte économique d’Elbeuf, ville emblématique de la draperie normande depuis le Moyen Âge. Au XVIIIe siècle, la région était un pôle majeur de production lainière, combinant savoir-faire artisanal et innovations techniques comme les métiers à tisser mécaniques ou les manèges à chevaux pour actionner les machines. La reconversion du site en logements au XXe siècle illustre le déclin de l’industrie textile locale, remplacée par de nouvelles activités économiques.