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Filature Clarenson à Elbeuf en Seine-Maritime

Patrimoine classé Patrimoine industriel Filature

Filature Clarenson à Elbeuf

  • 2 Rue aux Boeufs
  • 76500 Elbeuf
Filature Clarenson à Elbeuf
Filature Clarenson à Elbeuf
Crédit photo : Eponimm - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
76500 Elbeuf, 2 Rue aux Boeufs

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
Vers 1840
Installation machine à vapeur
2e moitié du XVIIIe siècle
Construction initiale
1853
Rachat par Edouard Bellest
1880
Diversification production
Début XIXe siècle
Surélevation et modernisation
1961
Fermeture définitive
13 janvier 1994
Inscription Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Bâtiment et cheminée de l'ancienne manufacture, à l'exclusion de la partie réhabilitée (cad. AH 80) : inscription par arrêté du 13 janvier 1994

Personnages clés

Georges-Paul Petou - Manufacturier et maire d’Elbeuf Propriétaire et modernisateur au XIXe siècle.
Edouard Bellest - Industriel et repreneur Rachat en 1853, développement de l’usine.
Henri Bellest - Successeur et associé Partenaire de Clarenson et Lebret.
Clarenson - Associé et innovateur Diversification des tissus *nouveautés*.
Edmond Bellest - Dirigeant post-1853 200 ouvriers sous sa direction.

Origine et histoire de la Filature

La filature Clarenson, située à Elbeuf en Seine-Maritime, est une ancienne manufacture textile édifiée durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Initialement construite en pan de bois et brique, elle s’étendait sur dix-huit travées, mais ne représente aujourd’hui que les trois-quarts de sa taille originelle. Ce bâtiment industriel, typique de l’architecture précoce de la Révolution industrielle, a été surélevé au début du XIXe siècle pour répondre aux besoins croissants de production.

Au début du XIXe siècle, l’usine est dirigée par Georges-Paul Petou, manufacturier originaire de Louviers, qui en devient également le maire d’Elbeuf en 1823. Vers 1840, une machine à vapeur de 20 chevaux et une cheminée en brique sont installées, marquant une modernisation significative. L’activité, initialement axée sur les draps de laine unis, se diversifie sous l’impulsion des associés Clarenson et Lebret à partir de 1880, avec la production de tissus dits nouveautés, primés dans des expositions internationales.

L’usine change plusieurs fois de mains : rachetée en 1853 par Edouard Bellest, elle est ensuite reprise par son fils Henri, associé à Clarenson et Lebret. La société anonyme Bellest Clarenson et Lebret, créée en 1914, perdure jusqu’à la fermeture définitive en 1961. Une partie des ateliers, reconvertie en logements, contraste avec la section est, inscrite aux Monuments Historiques depuis 1994 et en cours de réhabilitation. La cheminée et les structures en fer témoignent encore de son passé industriel.

Le site a connu une activité intense, employant jusqu’à 368 ouvriers en 1889, et exportant une partie de sa production vers l’Extrême-Orient. Les récompenses obtenues aux expositions de Paris (1855, 1889), Londres (1862), ou Vienne (1873) soulignent la qualité de ses articles. Aujourd’hui, l’immeuble abrite une imprimerie dans ses anciens bureaux, tandis que la partie protégée, propriété de la municipalité, attend une restauration complète.

Les transformations techniques, comme l’ajout de chaudières (1879, 1900) ou de métiers mécaniques, reflètent l’évolution des méthodes de production. En 1930, l’usine comptait encore 18 machines à fouler, disparues depuis. Son déclin s’inscrit dans celui de l’industrie textile normande, mais son inscription au patrimoine en 1994 en fait un témoignage majeur de ce pan de l’histoire économique française.

Liens externes

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