Fondation de la filature vers 1818 (≈ 1818)
Création par Pierre Hardy pendant la Restauration.
1861
Agrandissement des logements ouvriers
Agrandissement des logements ouvriers 1861 (≈ 1861)
Construction de nouveaux bâtiments pour les ouvriers.
1865
Construction de la cheminée
Construction de la cheminée 1865 (≈ 1865)
Cheminée en brique et calcaire toujours visible.
vers 1870
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction vers 1870 (≈ 1870)
Reconstruction après un sinistre majeur.
1949
Rachat par la SA Ferodo
Rachat par la SA Ferodo 1949 (≈ 1949)
Passage à la production d’amiante puis d’ouate.
2 octobre 1995
Protection monument historique
Protection monument historique 2 octobre 1995 (≈ 1995)
Inscription des façades, toitures et cheminée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures des bâtiments de l'usine comprenant les ateliers de fabrication et la chaufferie ; cheminée (cad. A 126, 127, 130, 131, 134, 135, 690, 691, 731 à 733) : inscription par arrêté du 2 octobre 1995
Personnages clés
Pierre Hardy - Fondateur de la filature
Crée l’usine vers 1818 pendant la Restauration.
Origine et histoire
La filature de la Martinique, située à Athis-Val de Rouvre dans l’Orne, est un complexe industriel fondé vers 1818 par Pierre Hardy pendant la Restauration. Installée au bord de la Vère, elle exploitait initialement le coton en provenance des Antilles, d’où son nom, devenu un centre d’approvisionnement clé pendant la Guerre de Sécession. L’usine, reconstruite après un incendie vers 1870, conserve aujourd’hui son organisation d’origine : ateliers de fabrication, chaufferie, cheminée en brique, logement patronal et vestiges des logements ouvriers, le tout en granit.
La filature a connu plusieurs phases d’expansion : agrandissement des logements ouvriers en 1861, construction de la cheminée en 1865, et installation d’une seconde chaudière à vapeur en 1868. En 1880, elle est exploitée par la Société Anonyme de la filature de la Martinique, avant d’être modernisée avec une centrale électrique en 1921 et une tour en 1932. Rachat en 1949 par la SA Ferodo, elle se reconvertit dans l’amiante puis les produits ouatés après 1986, restant en activité.
L’architecture reflète son évolution technique : les façades et toitures des ateliers, ainsi que la cheminée polygonale en brique et calcaire, sont protégées depuis 1995 au titre des monuments historiques. Le site témoigne aussi des conditions sociales de l’époque, avec 122 ouvriers en 1853 et jusqu’à 26 592 broches en 1910. Un fonds d’archives atteste de son importance économique régionale.
La filature incarne le patrimoine industriel normand, lié à l’essor du coton au XIXe siècle et à son adaptation aux mutations techniques (vapeur, électricité). Son implantation près de la Vère illustre l’utilisation des cours d’eau pour l’énergie hydraulique, avant la mécanisation. La reconversion partielle du site en usine d’ouate montre sa résilience, malgré la disparition des activités textiles traditionnelles.
Aujourd’hui propriété d’une société privée, la filature reste un exemple rare d’ensemble industriel préservé, où se mêlent mémoire ouvrière, architecture fonctionnelle et innovations techniques. Son inscription aux monuments historiques souligne sa valeur patrimoniale, tant pour l’histoire locale que pour celle de l’industrialisation française.
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