Fermeture du moulin à papier 1836 (≈ 1836)
Désaffectation avant transformation en filature.
1870
Transformation en filature
Transformation en filature 1870 (≈ 1870)
Surélévation par M. Leroy, 300 broches installées.
1923
Production d'électricité
Production d'électricité 1923 (≈ 1923)
Éclairage autonome du site industriel.
1960
Arrêt définitif de l'activité
Arrêt définitif de l'activité 1960 (≈ 1960)
Fin de la production lainière.
2 février 1987
Classement monument historique
Classement monument historique 2 février 1987 (≈ 1987)
Protection des bâtiments et outillages.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Filature de Rochefort, avec son outillage et son équipement, y compris ses installations hydrauliques (bassin de retenue avec sa vanne, canal d'alimentation avec ses vannes, canal d'amenée et vestiges de la roue) (cad. D 151, 152, 154, 158) : inscription par arrêté du 2 février 1987
Personnages clés
M. Leroy - Industriel et ancien contremaître
Transforme le moulin en filature en 1870.
Origine et histoire
La filature de Rochefort est une ancienne usine textile installée dans le département de l’Orne, à Tinchebray-Bocage (anciennement Tinchebray). Elle occupe les lieux d’un moulin à papier désaffecté en 1836, exploitant l’énergie hydraulique de la Durance, affluent du Noireau. En 1870, M. Leroy, ancien contremaître d’une usine textile locale, transforme le bâtiment en surélevant d’un niveau pour y installer une filature de laine équipée de 300 broches. Quatre ouvriers y travaillent vers 1880, produisant des fils à tricoter et, après 1918, des nappes de laine pour couvertures.
L’usine conserve l’intégralité de sa chaîne de production : batteur, loup, cardes préparatoires et fileuses, renvideuses, ainsi que des retordeuses pour assembler les brins. Une roue hydraulique verticale, aujourd’hui à l’état de vestige, actionnait les machines. En 1923, le site produit sa propre électricité pour l’éclairage. L’activité cesse définitivement en 1960, mais l’ensemble des machines, des installations hydrauliques (bassin, canaux, vannes) et des outils subsiste, faisant de ce lieu un témoignage rare de l’industrie lainière normande.
Classée monument historique en 1991 avec son outillage, la filature de Rochefort est également référencée dans l’Inventaire général du Patrimoine industriel de Basse-Normandie. Les laines traitées provenaient principalement de Bretagne. Le processus de filage débutait par le lavage et le dépoussiérage de la laine (via le loup), suivi de sa lubrification, puis de son passage sur les cardes pour obtenir 25 fils fins. Ces fils étaient torsadés sur les renvideuses avant d’être assemblés en brins plus épais sur les retordeuses.
Les sources historiques mentionnent deux ouvrages de référence : Tinchebray 1800-1914 de Michèle Lavollé (contexte local) et L’ancienne filature de laine de Tinchebray (1980) par Hélène Letouzey et Edeine Bernard, qui détaillent son fonctionnement. Le site, situé au 127 La Basse Bunelliere, reste un exemple emblématique du patrimoine industriel ornais, illustrant l’adaptation d’un moulin traditionnel à la révolution textile du XIXe siècle.