Filature Fraenckel-Herzog à Elbeuf en Seine-Maritime

Patrimoine classé Patrimoine industriel Filature

Filature Fraenckel-Herzog à Elbeuf

  • 25 Rue Camille-Randoing
  • 76500 Elbeuf
Propriété de la commune ; propriété d'une société privée

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1879
Acquisition du site
1880-1881
Construction de l'usine
1918
Réorganisation industrielle
1924
Transformation en société anonyme
1948
Construction du château d'eau
4 juillet 1994
Inscription aux monuments historiques
4 juillet 1995
Classement de la chaufferie
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Bâtiment sur rue ; bâtiment en retour sur la cour centrale jusqu'à la limite de la partie reconstruite ; bâtiment de l'arrière de la cour ; salle des machines ; cheminée (cad. AN 225, 232) : inscription par arrêté du 4 juillet 1994 - Chaufferie, y compris le bâtiment qui l'abrite et les accessoires nécessaires à son fonctionnement (cad. AN 225) : classement par arrêté du 4 juillet 1995

Personnages clés

Louis Fraenckel Fabricant alsacien, cofondateur de l'usine.
Henri Fraenckel Fabricant alsacien, cofondateur de l'usine.
Émile Herzog (André Maurois) Associé aux frères Fraenckel, connu sous le nom d'André Maurois.

Origine et histoire de la Filature

Les frères Louis et Henri Fraenckel, fabricants alsaciens originaires de Bischwiller, s'installent à Elbeuf après la guerre de 1870. Ils louent d'abord bâtiments et machines, puis font édifier en 1880-1881 une vaste usine intégrée sur l'emplacement de l'ancienne usine Théodore Chenevière, acquise en juin 1879 pour 240 000 francs. L'établissement, situé 25 rue Camille-Randoing à Elbeuf (Seine-Maritime), connaît au tournant du XXe siècle des rapprochements familiaux : les Fraenckel s'associent à la famille Blin, puis, après une rupture avec celle-ci en 1914, aux frères Herzog, dont Emile Herzog, connu plus tard sous le nom d'André Maurois. En 1918 l'implantation d'une filature et d'une teinturerie sur des communes voisines entraîne une réorganisation : l'unité d'Elbeuf est alors spécialisée dans le tissage et l'apprêt des draps de laine. La société prend la forme d'une société anonyme en 1924 ; dans les années 1920 elle possède trois sites de production et près de 2 000 ouvriers, et en 1929 l'établissement d'Elbeuf emploie 1 500 personnes. À son extension maximale, l'usine couvre 17 000 m² et se classe, après l'entreprise Blin et Blin, comme la seconde usine d'Elbeuf. L'équipement évolue fortement : en 1900 l'usine compte 300 métiers à tisser mécaniques, 8 940 broches à filer et 68 fouleuses-laveuses ; en 1930 elle dispose de 80 machines à fouler, 41 machines à tondre et calandrer, d'une dévideuse-retordeuse à 5 750 broches, de plusieurs métiers totalisant 4 440 broches et de 434 métiers à tisser. L'effectif varie sensiblement au fil du temps : 140 ouvriers en 1900, 1 500 en 1929, 400 en 1944, 250 en 1960 et 170 en 1962. L'usine subit de nombreux dommages pendant la guerre, et plusieurs ateliers sont reconstruits ; en 1948 un château d'eau est édifié et porte cette date. L'activité cesse à la fin des années 1960 ; l'ensemble connaît ensuite de nombreuses divisions et plusieurs bâtiments disparaissent. Subsistent un vaste atelier en briques bicolores à ossature métallique, orné de pilastres plats et de tirants aux initiales F‑B rappelant l'époque Fraenckel‑Blin, ainsi que la chaufferie contiguë : sur les deux groupes de trois chaudières qui équipaient l'usine, un seul subsiste aujourd'hui, provenant de l'atelier Veillet‑Lescure à Amiens et faisant l'objet d'un classement au titre des monuments historiques. L'édifice principal a été inscrit au titre des monuments historiques le 4 juillet 1994 et la chaufferie classée le 4 juillet 1995. Une partie protégée de l'usine appartient à la municipalité, qui envisage d'y établir un musée du textile ; d'autres ateliers accueillent notamment une menuiserie et les services des ASSEDIC. Un bâtiment à usage de bureau et d'atelier a été démoli après inventaire.

Liens externes