Origine et histoire de la Fondation Cartier pour l'art contemporain
La Fondation Cartier pour l’art contemporain a été créée en 1984 par la Maison Cartier et son président Alain Dominique Perrin. Institution privée pionnière du mécénat culturel en France, elle a favorisé l’émergence d’artistes internationaux hors des circuits européens et américains, comme Malick Sidibé ou Huang Yong Ping. Son approche pluridisciplinaire associe expositions, spectacles, conférences et éditions, tout en constituant une collection de 1 500 œuvres.
Initialement installée à Jouy-en-Josas (1984-1993), la Fondation a déménagé en 1994 dans le quartier de Montparnasse, dans un bâtiment de verre et d’acier signé Jean Nouvel, entouré d’un jardin botanique conçu par Lothar Baumgarten. Ce site abritait un cèdre bicentenaire planté par Chateaubriand en 1823, abattu en 2020 en raison de la sécheresse. Le jardin, nommé Theatrum Botanicum, recense 240 espèces végétales et fait l’objet de bilans écologiques réguliers.
En 2018, la Fondation annonce son transfert vers le Louvre des Antiquaires (1er arrondissement), un immeuble de 1885 rénové par Jean Nouvel pour ses 40 ans. Ce nouveau site, ouvert en octobre 2025, offre 6 000 m2 d’expositions (contre 1 200 m2 précédemment), avec une nef centrale et des plateformes modulables. La Fondation y poursuit sa mission de promotion de l’art contemporain, en intégrant sciences, performances et dialogues interculturels.
La Fondation a également essaimé à l’international, comme en 2018 à Shanghai (Power Station of Art), où l’exposition A Beautiful Elsewhere a présenté 300 œuvres de sa collection, mêlant art africain, design, cinéma et sciences. Des artistes chinois y ont été invités à dialoguer avec les œuvres, renforçant son rôle de pont entre les cultures. Depuis 1984, elle a organisé 150 expositions et accueilli 120 artistes en résidence.
Dirigée successivement par Marie-Claude Beaud (1984-1994), Hervé Chandès (1994-2023), puis Chris Dercon (depuis 2023), la Fondation Cartier se distingue par son engagement envers des artistes marginalisés (Afrique, Amérique du Sud) et des collaborations avec des scientifiques (Michel Cassé, Cédric Villani). Sa collection, gérée par Grazia Quaroni, voyage dans des musées mondiaux, tandis que ses expositions thématiques (Yanomami, Mathématiques, Graffiti) marquent l’histoire de l’art contemporain.