Frise chronologique
1853
Fondation par l’impératrice Eugénie
Fondation par l’impératrice Eugénie
1853 (≈ 1853)
Refus du collier, création de l’orphelinat.
28 décembre 1856
Inauguration des bâtiments
Inauguration des bâtiments
28 décembre 1856 (≈ 1856)
Par l’impératrice Eugénie et Hittorff.
1er octobre 1858
Reconnaissance d’utilité publique
Reconnaissance d’utilité publique
1er octobre 1858 (≈ 1858)
Devenue établissement public sous le nom *Maison Eugène-Napoléon*.
1974
Changement de nom
Changement de nom
1974 (≈ 1974)
De *Maison* à *Fondation Eugène-Napoléon*.
Années 1960–1990
Extension et usage comme foyer
Extension et usage comme foyer
Années 1960–1990 (≈ 1975)
Ajout d’une tour de 9 étages.
1997
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1997 (≈ 1997)
Façades, chapelle, salon de l’Impératrice protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de l'ensemble des bâtiments, y compris des ateliers situés à l'arrière de la parcelle ; sol de la parcelle ; murs et grilles de clôture ; salon de l'Impératrice et son vestibule ; chapelle (cad. CR 47) : inscription par arrêté du 3 février 1997
Personnages clés
| Eugénie de Montijo - Impératrice et fondatrice |
Initiatrice du projet en 1853. |
| Napoléon III - Empereur, époux de l’impératrice |
Soutien indirect via le mariage. |
| Jacques Ignace Hittorff - Architecte du monument |
Conçoit les bâtiments inspirés d’un collier. |
| Louis Eugène Napoléon (prince impérial) - Fils de Napoléon III et Eugénie |
Inspire le nom de la fondation. |
| Félix-Joseph Barrias - Peintre décorateur |
Auteur des peintures murales de la chapelle. |
| Suzel Brout - Architecte contemporaine |
Dirige la restructuration des années 2000. |
Origine et histoire
La Fondation Eugène-Napoléon trouve son origine dans un geste de bienfaisance de l’impératrice Eugénie. À l’occasion de son mariage avec Napoléon III en 1853, elle refuse un collier de diamants offert par la ville de Paris et demande à la place la création d’un orphelinat pour jeunes filles, financé par le montant équivalent à celui du bijou. L’architecte Jacques Ignace Hittorff, inspiré par la forme du collier, conçoit les bâtiments, inaugurés le 28 décembre 1856 par l’impératrice elle-même. L’institution est nommée en l’honneur du prince impérial Eugène-Napoléon, fils du couple impérial.
En 1858, la fondation est reconnue d’utilité publique sous le nom de Maison Eugène-Napoléon, avant d’être rebaptisée Fondation Eugène-Napoléon en 1974. Les bâtiments, partiellement inscrits aux monuments historiques en 1997, abritent une chapelle décorée par le peintre Félix-Joseph Barrias, conçue sur le modèle paléo-chrétien. L’ensemble initial, prévu pour 60 puis 300 orphelines, est agrandi dans les années 1960 par une tour de 9 étages, utilisée comme foyer jusqu’aux années 1990.
Après des problèmes de sécurité ayant entraîné sa fermeture, le site fait l’objet d’une restructuration majeure sous la direction de l’architecte Suzel Brout, saluée pour sa qualité et nominée à l’Équerre d’Argent. Aujourd’hui, la fondation accueille un lycée professionnel, des écoles primaire et maternelle, ainsi qu’un hébergement pour étudiantes, perpétuant sa vocation éducative et sociale.
Le projet architectural d’Hittorff, marqué par une symbolique impériale forte, et l’engagement de l’impératrice Eugénie en faveur de l’éducation des jeunes filles reflètent les valeurs philanthropiques du Second Empire. La chapelle, avec sa nef unique et ses peintures murales, ainsi que le salon de l’Impératrice, témoignent du faste et de la dimension patrimoniale du lieu, préservés malgré les transformations ultérieures.