Origine et histoire de la Fondation Vasarely
La Fondation Vasarely, conçue entre 1971 et 1976 par l’artiste franco-hongrois Victor Vasarely, est un centre architectonique unique en son genre. Situé au Jas-de-Bouffan, à Aix-en-Provence, ce bâtiment de 16 alvéoles hexagonales en aluminium anodisé intègre des œuvres monumentales de Vasarely dans ses façades et murs intérieurs. L’objectif était de créer un espace où l’art, accessible à tous, s’intègre à l’architecture pour embellir l’environnement urbain, en réponse aux constructions « hideuses » du XXe siècle.
Le projet s’inscrit dans la vision utopique de Vasarely d’une « Cité polychrome du bonheur », un idéal urbain où l’art social et cinétique améliorerait la qualité de vie. Financée entièrement par le couple Vasarely via la vente d’œuvres, la fondation fut reconnue d’utilité publique en 1971. Ses façades géométriques, évoquant la montagne Sainte-Victoire, et ses 44 « intégrations » internes illustrent l’art optique et l’architecture lumino-cinétique, préfigurant un art total et démocratique.
Classée Monument historique en 2013, la fondation a connu des turbulences juridiques après la mort de Vasarely. En 1995, un arbitrage successoral controversé vidait le lieu de 430 toiles et 18 000 sérigraphies, transportées hors de France. En 2024, la justice française annule cet arbitrage, ordonnant la restitution de 87 œuvres et validant la saisie par le FBI de 112 pièces aux États-Unis. Aujourd’hui, gérée par Pierre Vasarely (petit-fils de l’artiste), elle propose expositions temporaires, ateliers pédagogiques et événements culturels.
L’architecture avant-gardiste du bâtiment, avec ses jeux de lumière et ses formes cinétiques, reflète l’ambition de Vasarely de démocratiser l’art. Les 42 intégrations monumentales internes, conçues comme des œuvres totales, dialoguent avec des expositions contemporaines. Le site, fréquenté par plus de 100 000 visiteurs annuels (2019), reste un symbole de l’art social et un lieu de transmission de l’héritage constructiviste, en partenariat avec des institutions comme le Centre Pompidou.
Au-delà de sa dimension muséale, la fondation incarne un manifeste artistique et urbanistique. Vasarely y théorise un environnement où l’art, libéré des élites, participe activement à la vie quotidienne. Les activités actuelles — visites ludiques, ateliers pour enfants, collaborations universitaires — perpétuent cette mission éducative et inclusive, tout en préservant un patrimoine menacé par des conflits familiaux et des dispersions d’œuvres.