Origine et histoire du Fonds Regional d'Art Contemporain
Le Fonds Régional d'Art Contemporain (FRAC) de Marseille s’inscrit dans un réseau national initié en 1982 par Jack Lang, alors Ministre de la Culture, dans le cadre de la politique de décentralisation culturelle. Ce label, accordé à des institutions régionales, vise à constituer des collections d’art contemporain et à les rendre accessibles au public. Le FRAC repose sur un partenariat financier entre l’État et les collectivités territoriales, ici la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Les missions des FRAC, définies par le code du patrimoine et des arrêtés ministériels, incluent l’acquisition et la commande d’œuvres, leur diffusion sur le territoire régional, et la sensibilisation du public à travers des actions éducatives et culturelles. En 2013, le FRAC de Marseille a intégré un bâtiment conçu par l’architecte Kengo Kuma, inauguré dans le cadre de Marseille-Provence 2013, marquant une étape clé dans son développement.
Les collections des FRAC, dont celui de Marseille, sont parmi les plus diffusées en France, avec un tiers des œuvres présentées annuellement au public. Ces institutions jouent un rôle majeur dans la démocratisation de l’art contemporain, en collaborant avec des écoles, musées, et autres espaces culturels. En 2013, les 22 FRAC réunissaient près de 26 000 œuvres, accessibles via un portail numérique dédié.
Le FRAC de Marseille, comme les autres structures labellisées, bénéficie d’un soutien financier annuel minimal de l’État (200 000 euros) et participe à des projets internationaux via l’association Platform, créée en 2005. Ce réseau favorise les échanges entre les régions et renforce la visibilité de l’art contemporain français à l’étranger.
Malgré des critiques portant sur la transparence des acquisitions ou la gestion budgétaire, les FRAC restent des acteurs incontournables de la création artistique contemporaine. Leur modèle, basé sur la décentralisation et la coopération entre acteurs publics, a permis de constituer un patrimoine artistique unique, accessible à un large public.
Le bâtiment marseillais, conçu par Kengo Kuma, illustre l’évolution des FRAC vers des infrastructures permanentes, combinant espaces d’exposition, réserves et lieux de médiation. Cette transformation reflète une volonté de professionnalisation et d’ancrage territorial, tout en maintenant une vocation itinérante pour les collections.