Origine et histoire de la fontaine de la Pyramide
La fontaine de la Pyramide a été érigée à Clermont-Ferrand en hommage au général Louis Desaix, mort en 1800 à la bataille de Marengo. Né dans la région, Desaix était un général talentueux, chef d'état-major de l'armée d'Angleterre sous Napoléon. La ville, avec l'approbation écrite de Bonaparte, confia le projet à l'architecte Pierre Laurent, qui conçut un obélisque inspiré de la campagne d'Égypte, posé sur un piédestal et entouré d'un bassin. Les travaux, débutés en 1801, furent réalisés en pierre de Volvic par le sculpteur Joseph Chinard, bien que des tensions financières aient limité les ornements livrés.
Le monument, initialement sobre, fut complété un siècle plus tard, en 1903, par des éléments décoratifs supplémentaires : écussons armoriés d'Auvergne, vases d'angle, et plaques de marbre. L'obélisque, surmonté d'une urne destinée à accueillir le cœur de Desaix, repose sur un piédestal orné de mascarons en métal, de sphinx, et de trophées. Les faces du socle portent des inscriptions et des masques de lion crachant l'eau, tandis que des guirlandes de laurier et des cornes d'abondance soulignent son caractère commémoratif. La fontaine, classée monument historique en 1992, se dresse aujourd'hui au carrefour des boulevards Lafayette et Léon-Malfret.
Le choix de la pierre de Volvic, matériau volcanique local, et les références à l'Égypte (obélisque, sphinx) rappellent à la fois l'identité auvergnate et les campagnes militaires de Desaix. Les conflits entre Chinard et la municipalité, liés à des retards de paiement, expliquent pourquoi certains éléments décoratifs originaux, comme les mascarons métalliques, furent les seuls livrés avant le XIXe siècle. Les ajouts de 1903, incluant des symboles régionaux (écussons d'Auvergne), renforcèrent son ancrage territorial.
Située près du jardin Lecoq, la fontaine marque un point central de la ville, à la croisée de voies majeures. Son inscription aux monuments historiques en 1992 consacre son importance patrimoniale, mêlant histoire locale, mémoire napoléonienne et art commémoratif. Le cœur de Desaix, bien que destiné à l'urne sommital, ne fut jamais déposé dans le monument, ajoutant une dimension symbolique à cette œuvre hybride, à la fois fontaine publique et hommage militaire.