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Fontaine Diane de Lectoure dans le Gers

Patrimoine classé Patrimoine urbain Fontaine

Fontaine Diane de Lectoure

  • 1-11 Boulevard du Midi
  • 32700 Lectoure
Fontaine Diane de Lectoure
Fontaine Diane de Lectoure
Fontaine Diane de Lectoure
Fontaine Diane de Lectoure
Fontaine Diane de Lectoure
Fontaine Diane de Lectoure
Fontaine Diane de Lectoure
Crédit photo : Morburre - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
32700 Lectoure, 1-11 Boulevard du Midi

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIIe siècle
Construction initiale
XVe siècle
Ajouts défensifs
1750 (approximatif)
Détournement vers la tannerie
1907
Visite d’André Gide
11 décembre 1925
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Fontaine du XIIIe siècle (arcatures et ferronneries comprises) , au Sud de la ville : inscription par arrêté du 11 décembre 1925

Personnages clés

André Gide - Écrivain Visita la fontaine en 1907.
François-Paul Alibert - Poète Auteur de *À la source Fontélie*.
Henri Polge - Historien local Théorie du prophète Élie.
Erudits de la Renaissance - Interprètes étymologiques Lien avec la déesse Diane.

Origine et histoire de la fontaine Diane

La fontaine Diane, anciennement appelée Hountélie (du gascon hont, « fontaine »), est un édifice médiéval situé dans les remparts sud de Lectoure (Gers, Occitanie). Son nom originel, parfois francisé en Fontélie, reste sujet à débats : certains érudits de la Renaissance l’ont associé à la déesse Diane (hypothèse hount Délios), tandis que d’autres, comme Henri Polge, y voient une référence au prophète Élie, lié aux traditions des Carmes installés à proximité. Une troisième théorie suggère que hontaliu désigne simplement un lieu riche en sources. La fontaine, alimentée par trois sources souterraines connues depuis l’Antiquité, a joué un rôle central dans l’alimentation en eau des ateliers de tanneurs, de la tannerie royale, et des foyers domestiques jusqu’à l’arrivée de l’eau courante.

L’architecture actuelle date principalement du XIIIe siècle, avec des ajouts au XVe siècle. Le monument se compose d’un bassin couvert de voûtes en berceau (brisé à l’avant, plein cintre à l’arrière), orné de peintures murales aujourd’hui très dégradées. L’eau s’écoule par trois sources, dont la principale arrive via un couloir dallé en V inversé. La façade, protégée par une grille en ferronnerie à pointes en fleur de lys (XVe siècle), s’ouvre par deux arcades ogivales reposant sur une colonne cylindrique. À l’origine encaissée entre des murs hauts, la fontaine était dissimulée aux regards extérieurs avant que des modifications au XXe siècle ne l’ouvrent partiellement. Une tour, aujourd’hui réduite à une petite maison, abritait autrefois le gardien (fountenier).

La fontaine a inspiré des écrivains comme André Gide, qui la visita en 1907 avec François-Paul Alibert et Eugène Rouart. Gide évoqua dans une lettre son « abord charmant », comparant son accès sinueux à celui de la fontaine de Syracuse. Alibert, influencé par les vestiges de fresques médiévales, y imagina une « sainte Fontélie » mythique, thème central de son poème À la source Fontélie. Ces références littéraires, couplées à la découverte de statues antiques voisines, ont contribué à populariser le nom « Diane » au XIXe siècle, bien que son origine reste incertaine.

Classée Monument historique en 1925, la fontaine Diane illustre l’ingéniosité médiévale en matière d’hydraulique et de défense. Intégrée aux remparts malgré sa position extérieure — une rareté —, elle était protégée des assauts tout en approvisionnant la ville. Son eau, après avoir servi les habitants, s’écoulait vers un abreuvoir et la tannerie royale via un système de canalisations encore visible. Les vestiges de sa tour et ses voûtes peintes, bien que fragmentaires, témoignent de son importance passée, entre utilité publique, symbolique religieuse et patrimoine architectural.

Les sources historiques mentionnent également des aménagements antiques possibles, comme un temple dédié à Jupiter au-dessus de la fontaine, bien qu’aucune preuve archéologique ne le confirme. Au XVIIIe siècle, son eau fut détournée vers la tannerie royale, marquant une évolution de son usage. Les canonnières percées au XVe siècle et la grille défensive reflètent les préoccupations militaires de l’époque, tandis que les fresques disparues évoquent une dimension sacrée ou décorative aujourd’hui perdue.

Liens externes

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