Frise chronologique
XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Voûtes en berceau et intégration aux remparts.
XVe siècle
Ajouts défensifs
Ajouts défensifs
XVe siècle (≈ 1550)
Grille en fer forgé et canonnières.
1750 (approximatif)
Détournement vers la tannerie
Détournement vers la tannerie
1750 (approximatif) (≈ 1750)
Eau dirigée vers la Tannerie Royale.
1907
Visite d’André Gide
Visite d’André Gide
1907 (≈ 1907)
Inspiration littéraire et poème d’Alibert.
11 décembre 1925
Classement Monument historique
Classement Monument historique
11 décembre 1925 (≈ 1925)
Protection officielle de l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fontaine du XIIIe siècle (arcatures et ferronneries comprises) , au Sud de la ville : inscription par arrêté du 11 décembre 1925
Personnages clés
| André Gide - Écrivain |
Visita la fontaine en 1907. |
| François-Paul Alibert - Poète |
Auteur de *À la source Fontélie*. |
| Henri Polge - Historien local |
Théorie du prophète Élie. |
| Erudits de la Renaissance - Interprètes étymologiques |
Lien avec la déesse Diane. |
Origine et histoire
La fontaine Diane, anciennement appelée Hountélie (du gascon hont, « fontaine »), est un édifice médiéval situé dans les remparts sud de Lectoure (Gers, Occitanie). Son nom originel, parfois francisé en Fontélie, reste sujet à débats : certains érudits de la Renaissance l’ont associé à la déesse Diane (hypothèse hount Délios), tandis que d’autres, comme Henri Polge, y voient une référence au prophète Élie, lié aux traditions des Carmes installés à proximité. Une troisième théorie suggère que hontaliu désigne simplement un lieu riche en sources. La fontaine, alimentée par trois sources souterraines connues depuis l’Antiquité, a joué un rôle central dans l’alimentation en eau des ateliers de tanneurs, de la tannerie royale, et des foyers domestiques jusqu’à l’arrivée de l’eau courante.
L’architecture actuelle date principalement du XIIIe siècle, avec des ajouts au XVe siècle. Le monument se compose d’un bassin couvert de voûtes en berceau (brisé à l’avant, plein cintre à l’arrière), orné de peintures murales aujourd’hui très dégradées. L’eau s’écoule par trois sources, dont la principale arrive via un couloir dallé en V inversé. La façade, protégée par une grille en ferronnerie à pointes en fleur de lys (XVe siècle), s’ouvre par deux arcades ogivales reposant sur une colonne cylindrique. À l’origine encaissée entre des murs hauts, la fontaine était dissimulée aux regards extérieurs avant que des modifications au XXe siècle ne l’ouvrent partiellement. Une tour, aujourd’hui réduite à une petite maison, abritait autrefois le gardien (fountenier).
La fontaine a inspiré des écrivains comme André Gide, qui la visita en 1907 avec François-Paul Alibert et Eugène Rouart. Gide évoqua dans une lettre son « abord charmant », comparant son accès sinueux à celui de la fontaine de Syracuse. Alibert, influencé par les vestiges de fresques médiévales, y imagina une « sainte Fontélie » mythique, thème central de son poème À la source Fontélie. Ces références littéraires, couplées à la découverte de statues antiques voisines, ont contribué à populariser le nom « Diane » au XIXe siècle, bien que son origine reste incertaine.
Classée Monument historique en 1925, la fontaine Diane illustre l’ingéniosité médiévale en matière d’hydraulique et de défense. Intégrée aux remparts malgré sa position extérieure — une rareté —, elle était protégée des assauts tout en approvisionnant la ville. Son eau, après avoir servi les habitants, s’écoulait vers un abreuvoir et la tannerie royale via un système de canalisations encore visible. Les vestiges de sa tour et ses voûtes peintes, bien que fragmentaires, témoignent de son importance passée, entre utilité publique, symbolique religieuse et patrimoine architectural.
Les sources historiques mentionnent également des aménagements antiques possibles, comme un temple dédié à Jupiter au-dessus de la fontaine, bien qu’aucune preuve archéologique ne le confirme. Au XVIIIe siècle, son eau fut détournée vers la tannerie royale, marquant une évolution de son usage. Les canonnières percées au XVe siècle et la grille défensive reflètent les préoccupations militaires de l’époque, tandis que les fresques disparues évoquent une dimension sacrée ou décorative aujourd’hui perdue.