Frise chronologique
1636
Fontaine Neuve originale
Fontaine Neuve originale
1636 (≈ 1636)
Construction de la fontaine remplacée en 1764.
1764
Construction de la fontaine actuelle
Construction de la fontaine actuelle
1764 (≈ 1764)
Œuvre de Moreau-Desproux pour Rohan.
1765
Présentation du bas-relief au Salon
Présentation du bas-relief au Salon
1765 (≈ 1765)
Dernière participation de Mignot.
1836
Restauration par Davidet
Restauration par Davidet
1836 (≈ 1836)
Travaux sur la fontaine existante.
24 mars 1925
Classement monument historique
Classement monument historique
24 mars 1925 (≈ 1925)
Inscription officielle au titre MH.
1933
Déplacement de la fontaine
Déplacement de la fontaine
1933 (≈ 1933)
Élargissement de la rue des Archives.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fontaine publique dite de Joyeuse : inscription par arrêté du 6 mars 1925
Personnages clés
| Pierre-Louis Moreau-Desproux - Architecte |
Concepteur de la fontaine en 1764. |
| Pierre-Philippe Mignot - Sculpteur |
Auteur du bas-relief de la naïade. |
| François de Rohan - Commanditaire et financeur |
Prince ayant payé la construction. |
| Davidet - Ingénieur |
Responsable de la restauration de 1836. |
| L.-C. Heckly - Ingénieur |
Supervisa le déplacement en 1933. |
Origine et histoire
La fontaine des Haudriettes est une fontaine publique située place Patrice-Chéreau, à l’angle de la rue des Haudriettes et de la rue des Archives, dans le 3e arrondissement de Paris. Construite en 1764 par l’architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux, elle remplace une fontaine plus ancienne datant de 1636, appelée fontaine Neuve. À l’origine adossée à un bâtiment, elle a été déplacée en 1933 pour élargir la voie publique. Son style néo-classique et son bas-relief, représentant une naïade allongée parmi les roseaux, en font un exemple remarquable de l’art du XVIIIe siècle.
Le bas-relief en pierre, œuvre du sculpteur Pierre-Philippe Mignot (1715-1770), fut présenté au Salon de 1765 sous le numéro 222, marquant la dernière participation de l’artiste à cet événement. La fontaine, initialement alimentée par les eaux de Belleville, fut ensuite reliée au canal Saint-Martin après sa construction. Elle a subi plusieurs restaurations, notamment en 1836 par l’ingénieur Davidet, et a été classée monument historique le 24 mars 1925. Son mascaron en forme de tête de lion et son dais couronné d’un fronton triangulaire illustrent le savoir-faire architectural et sculptural de l’époque.
Commandée par le prévôt des marchands et financée par le prince François de Rohan, la fontaine des Haudriettes témoigne des aménagements urbains parisiens sous l’Ancien Régime. Son déplacement en 1933, supervisé par l’ingénieur L.-C. Heckly, reflète les transformations de la ville au XXe siècle. Aujourd’hui, elle reste un point d’intérêt patrimonial du Marais, accessible au public et propriété de la commune de Paris.
La fontaine se distingue par son plan trapézoïdal et son édicule isolé, une particularité pour les fontaines parisiennes de cette période. L’attique surmontant le dais et l’urne de la naïade, symbole d’abondance, rappellent les influences mythologiques chères au XVIIIe siècle. Son inscription aux monuments historiques souligne son importance dans le patrimoine architectural et hydraulique de Paris, entre héritage médiéval (fontaine Neuve) et modernisation urbaine (canal Saint-Martin).