Frise chronologique
1679
Fondation de la forge
Fondation de la forge
1679 (≈ 1679)
Autorisation accordée à François Monnois par le marquis d’Hyenne.
1707
Rachat par les Hennezel
Rachat par les Hennezel
1707 (≈ 1707)
La seigneurie et la forge passent à cette famille.
1798
Achat par Joseph Falatieu
Achat par Joseph Falatieu
1798 (≈ 1798)
Ancien fermier devient propriétaire après la Révolution.
1812
Reconstruction du haut-fourneau
Reconstruction du haut-fourneau
1812 (≈ 1812)
Tour datée encore visible aujourd’hui.
1879
Fin de l’activité métallurgique
Fin de l’activité métallurgique
1879 (≈ 1879)
Arrêt définitif du haut-fourneau.
1898
Transformation en moulin à fèves
Transformation en moulin à fèves
1898 (≈ 1898)
Nouvelle vocation industrielle du site.
1923
Installation hydroélectrique
Installation hydroélectrique
1923 (≈ 1923)
Centrale EDF dans l’ancien moulin.
1998
Classement monument historique
Classement monument historique
1998 (≈ 1998)
Inscription à l’Inventaire supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Haut-fourneau et bâtiment qui l'abrite, halle, bâtiments ouvriers (cad. ZB 89, 90, 106, 107) : inscription par arrêté du 18 septembre 1998
Personnages clés
| François Monnois - Maître de forge |
Fonda la forge en 1679. |
| Marquis d’Hyenne - Seigneur de Beaujeu |
Autorisa la création de la forge. |
| Famille d’Hennezel - Propriétaires (à partir de 1707) |
Posséda le site pendant un siècle. |
| Joseph Falatieu - Industriel et propriétaire (1798) |
Acheta la forge après la Révolution. |
| Alphonse Adéodat Dufournel - Maître de forges (1857) |
Dirigea la Compagnie des hauts fourneaux. |
| Pétrus Jacquot - Propriétaire (1898) |
Transforma le site en moulin à fèves. |
Origine et histoire
La forge de Beaujeu fut établie en 1679 par le maître de forge François Monnois, avec l’autorisation du marquis d’Hyenne, seigneur local. Initialement dédiée à la production de fer pour l’arsenal de Toulon, elle passa en 1707 aux mains de la famille d’Hennezel. Sous la Révolution, l’usine, déclarée bien national, fut achetée en 1798 par Joseph Falatieu, qui posséda aussi la manufacture de Bains-les-Bains. La forge cessa alors son activité, mais le haut-fourneau fonctionna jusqu’aux alentours de 1879, avant d’être transformé en moulin à fèves en 1898. Le site, fortement remanié au XIXe siècle, abrite encore une tour de haut-fourneau datée de 1812, classée monument historique en 1998.
Le bâtiment du haut-fourneau, en moellon de calcaire et brique, conserve une charpente métallique et un toit à longs pans. Adjacent, un moulin du XIXe siècle (reconstruit en 1813) produisait farine puis fèves, employant 7 ouvriers en 1900. Une centrale hydroélectrique y fut installée en 1923 pour EDF. Les logements ouvriers, la halle à charbon (partiellement effondrée dans les années 1980-2000), et le logement patronal complètent l’ensemble. Le site, propriété privée, illustre l’évolution industrielle de la Haute-Saône, de la métallurgie à l’hydroélectricité.
La forge joua un rôle clé dans l’économie locale, approvisionnant la marine royale en fer de qualité. Après son déclin métallurgique, le site se reconvertit dans la meunerie puis l’énergie, reflétant les mutations technologiques des XVIIIe–XXe siècles. Les vestiges, dont la cheminée en brique et les canaux hydrauliques, témoignent de son importance passée. Aujourd’hui, la centrale hydroélectrique reste en activité, perpétuant une tradition de valorisation de la Saône.
Parmi les propriétaires successifs figurent les familles d’Hennezel (à partir de 1707), Falatieu (fin XVIIIe siècle), et Dufournel (milieu XIXe), via la Compagnie des hauts fourneaux de Crochot et Beaujeu. Le site fut aussi exploité par Pétrus Jacquot en 1898, avant sa transformation en moulin. Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale endommagèrent partiellement les logements, mais la tour de 1812 et les structures hydrauliques subsistent comme traces tangibles de ce patrimoine industriel.
Classée à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1998, la forge de Beaujeu est un exemple rare de haut-fourneau du début du XIXe siècle en Bourgogne-Franche-Comté. Son architecture mêle moellons, briques et charpentes métalliques, typiques des sites sidérurgiques de l’époque. Les canaux, toujours visibles, alimentaient les roues hydrauliques du moulin et des forges, soulignant l’ingéniosité des systèmes pré-industriels. Le site, bien que privé, offre un aperçu des techniques métallurgiques et meunières qui ont marqué la vallée de la Saône.