Frise chronologique
1500
Début de l'activité du haut-fourneau
Début de l'activité du haut-fourneau
1500 (≈ 1500)
Première mention de la forge en activité.
1689
Autorisation de redémarrage
Autorisation de redémarrage
1689 (≈ 1689)
Permission officielle pour relancer la production.
1748
Production de boulets de canon
Production de boulets de canon
1748 (≈ 1748)
14 000 boulets annuels fabriqués pour l'armée.
1808-1810
Rachat par M. de Grammont
Rachat par M. de Grammont
1808-1810 (≈ 1809)
Modernisation et construction du barrage sur l'Ognon.
1840
Apogée de la production
Apogée de la production
1840 (≈ 1840)
84 ouvriers, 800 tonnes de fer produites.
1850
Arrêt définitif de la forge
Arrêt définitif de la forge
1850 (≈ 1850)
Transformation en moulin après déclin industriel.
30 novembre 1998
Première protection Monument Historique
Première protection Monument Historique
30 novembre 1998 (≈ 1998)
Inscription de la halle à charbon et du barrage.
11 juin 2004
Classement complémentaire
Classement complémentaire
11 juin 2004 (≈ 2004)
Protection du haut-fourneau et des logements ouvriers.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La partie subsistant de la halle à charbon, en totalité ; le bâtiment de l'atelier magasin, en totalité ; le bâtiment du logement du directeur, en totalité ; le canal et le barrage ; les deux écuries nord, en totalité ; les sols des parcelles avec les vestiges archéologiques qu'elles contiennent (cad. C 34, 35, 37, 42, 45 à 52, 54, 55, 65 à 68 ; domaine public, non cadastré) : inscription par arrêté du 30 novembre 1998 - Le bâtiment du haut-fourneau, en totalité ; le bâtiment de logements ouvriers, en totalité ; la maison du maître de forge, en totalité ; la grange-écurie nord, en totalité (cad. C 67, 70, 51) : classement par arrêté du 11 juin 2004
Personnages clés
| Marquis de la Baume-Montrevel - Propriétaire au XVIIIe siècle |
Seigneur de Rougemont, détenteur de la forge en 1710. |
| Monsieur de Grammont - Repreneure industriel (1808-1810) |
Restaure la forge et construit le barrage. |
| Paul Jeannin - Propriétaire partiel en 1888 |
Moulin détruit par un incendie sous sa propriété. |
Origine et histoire
La forge de Montagney, située en bordure de l'Ognon à Montagney-Servigney (Doubs), trouve ses origines dès 1500 avec un haut-fourneau actif. En 1689, elle obtient l'autorisation officielle de redémarrer sa production, alors propriété du Marquis de la Baume-Montrevel en 1710. Spécialisée dans les boulets de canon au XVIIIe siècle (14 000 unités annuelles en 1748), elle produit aussi 225 tonnes de fonte et 300 tonnes de fer en 1772, reflétant son rôle clé dans l'industrie locale.
Entre 1808 et 1810, M. de Grammont rachète et modernise la forge, construisant un barrage sur l'Ognon. La production atteint 800 tonnes de fer en 1834, employant 84 ouvriers à son apogée en 1840. Cependant, le déclin s'amorce dans les années 1840 en raison de la pénurie de combustible, conduisant à son arrêt définitif en 1850. Transformée en moulin, elle est détruite par un incendie en 1888, puis convertie en centrale électrique en 1922.
Classée Monument Historique en 1998 et 2004, la forge conserve des éléments remarquables : haut-fourneau (similaire aux planches de l'Encyclopédie de Diderot), halle à charbon, logements ouvriers, et maison du maître de forge. Son architecture témoigne des techniques industrielles des XVIIIe-XIXe siècles, tandis que sa micro-centrale hydroélectrique (1991) perpétue son lien avec l'énergie hydraulique.
La forge incarne les mutations économiques de la région, passant de la métallurgie à l'agriculture, puis à la production électrique. Son barrage, son canal et ses bâtiments classés offrent un témoignage rare de l'industrie pré-révolutionnaire et de son adaptation aux époques ultérieures. Les décors intérieurs de la maison du maître de forge (2e moitié XVIIIe) soulignent aussi son importance sociale.
Les vestiges archéologiques protégés, incluant les sols et les fondations, complètent ce patrimoine. La forge illustre ainsi l'évolution technologique et sociale de la Franche-Comté, de l'Ancien Régime à la révolution industrielle, en passant par des usages agricoles et énergétiques modernes.