Frise chronologique
1813
Acquisition du moulin
Acquisition du moulin
1813 (≈ 1813)
Jean-Nicolas Gendarme achète le moulin du quartier.
1817
Première demande d'installation
Première demande d'installation
1817 (≈ 1817)
Projet de forge à boulets au moulin Saint-Basle.
1820
Demande de haut fourneau
Demande de haut fourneau
1820 (≈ 1820)
Projet initial sur l’étang de Saint-Basle.
1822-1823
Construction de la forge
Construction de la forge
1822-1823 (≈ 1823)
Édification des halles et du haut fourneau.
1824
Ordonnance royale
Ordonnance royale
1824 (≈ 1824)
Autorisation pour le haut fourneau.
1825
Achèvement des logements
Achèvement des logements
1825 (≈ 1825)
Caserne et château patronal terminés.
1848
Apogée de la production
Apogée de la production
1848 (≈ 1848)
Forge, fours à puddler et martinets en activité.
1876
Location à la famille Dardenne
Location à la famille Dardenne
1876 (≈ 1876)
Transition vers la quincaillerie.
1935
Changement de locataire
Changement de locataire
1935 (≈ 1935)
Famille Creton reprend le site.
1969
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1969 (≈ 1969)
Fin de l’activité industrielle.
1991
Protection monument historique
Protection monument historique
1991 (≈ 1991)
Inscription des façades et du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jean-Nicolas Gendarme - Maître de forges |
Fonda la forge en 1822-1823. |
| Marguerite Gendarme-Evain - Héritière et propriétaire |
Loua la forge en 1876. |
Origine et histoire
La forge de Vrigne-aux-Bois fut construite entre 1822 et 1823 par le maître de forges Jean-Nicolas Gendarme, sur le ruisseau de la Vrigne, à l’emplacement d’un ancien moulin acquis en 1813. L’usine aligne trois corps de bâtiments organisés autour d’un étang compartimenté pour exploiter la force hydraulique. Les quatre halles parallèles, caractéristiques de l’architecture industrielle de l’époque, abritaient la forge, le haut fourneau (fonctionnant au charbon de bois) et deux réserves à charbon. Les façades en pierre taillée, les lucarnes et les toits en ardoise reflètent un souci esthétique rare pour des bâtiments utilitaires.
L’ensemble fut complété en 1825 par des logements ouvriers, appelés la Caserne, et un château patronal (aujourd’hui école communale), tous construits en moellons calcaires. Les tirants de fer datés MG 1825 sur le pignon nord attestent de cette période. La forge produisait initialement des boulets de canon, source de la fortune de Gendarme, avant de se diversifier dans la quincaillerie. Le haut fourneau, autorisé par ordonnance royale en 1824, consommait annuellement 1 400 m3 de minerai et 5 200 kilolitres de charbon de bois pour produire 800 000 kg de fonte, transformée en partie sur place.
En 1848, la forge abritait un foyer d’affinerie, deux fours à puddler, des martinets et un laminoir, tandis que le haut fourneau et les halles à charbon restaient en activité. Après la mort de Gendarme, sa fille Marguerite Gendarme-Evain loua le site en 1876 à la famille Dardenne, qui y fabriqua de la quincaillerie jusqu’en 1935. La famille Creton prit ensuite le relais jusqu’à la fermeture définitive en 1969. Pendant cette période, des turbines et une machine à vapeur furent ajoutées pour moderniser la production. Aujourd’hui, les façades, toitures, l’étang et le système hydraulique sont protégés depuis 1991 comme monuments historiques.
Le site illustre l’évolution technologique des forges ardennaises, passant du charbon de bois à la houille importée de Liège, et la transition d’une production militaire (boulets) vers des biens civils (fers à repasser, quincaillerie). Les bâtiments, bien que partiellement en ruine (effondrement d’une toiture vers 1985), conservent des éléments architecturaux uniques, comme les oculi des frontons ou les pilastres plats, repris dans d’autres usines de la région comme la Fenderie ou le Fourneau de Vendresse.