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Forge du Moulinet de Saint-Front-sur-Lémance dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine industriel Forge

Forge du Moulinet de Saint-Front-sur-Lémance

    D440
    47500 Saint-Front-sur-Lémance
Propriété privée
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1764
Première mention écrite
1788
Activité confirmée
1811
Disparition des états
1830
Modernisation autorisée
1854
Reconstruction du fourneau
1860
Traité de libre-échange
1868
Vente à Jean Costes
1975
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Forge (cad. A 434) : inscription par arrêté du 29 octobre 1975

Personnages clés

Famille Laulanié - Propriétaires et exploitants Modernisent la forge au XIXe.
Jean Costes - Acheteur en 1868 Diversifie vers la chaux.
Joseph Rabot - Associé de Costes Spécialiste de la chaux.
P. Rimontel - Entrepreneur Reconstruit le fourneau en 1854.
Marquis de Fumel - Ancien propriétaire Forge citée au XVIIIe siècle.

Origine et histoire

La forge du Moulinet, implantée sur la rive gauche de la Lémance à Saint-Front-sur-Lémance (Lot-et-Garonne), exploite dès le XVIIIe siècle les ressources locales : minerai de fer, bois pour le charbon, et eau pour actionner les soufflets. Son haut fourneau, alimenté par ces éléments, produit initialement des chaudières à sucre exportées vers les Antilles et des outils aratoires. La vallée, riche en scories appelées « canailles », témoigne d’une métallurgie ancienne, d’abord via des bas fourneaux, puis des hauts fourneaux comme celui de Blanquefort, cité dès 1676.

Pendant la Révolution, la forge se reconvertit dans la production de canons pour l’armée royale, mais son activité décline au début du XIXe siècle, notamment après 1811. En 1816, un rapport décrit un site à l’abandon, avec un fourneau délabré et une méthode de fusion proche de la technique catalane. La reprise après 1820, encouragée par des droits de douane protecteurs, permet à M. Laulanié d’obtenir en 1830 l’autorisation de moderniser l’usine, incluant un martinet à deux feux et une machine soufflante. La production culmine en 1832 avec des bombes pour Toulon, employant 24 ouvriers en 1840.

Le traité de libre-échange avec l’Angleterre en 1860 sonne le glas des forges locales, incapables de rivaliser avec les fers anglais. Laulanié vend le Moulinet en 1868 à Jean Costes, qui diversifie la production (ciments, scieries) avant que le site ne cesse définitivement son activité sidérurgique dans les années 1950. Le haut fourneau, reconstruit avant 1857 et marqué par l’inscription « P. Rimontel, 1854 », est l’un des derniers du Quercy à utiliser le charbon de bois. Classé monument historique en 1975, il est aujourd’hui restauré par les descendants de Costes.

L’histoire de la forge est marquée par des familles influentes : les Laulanié, propriétaires depuis le XVIIIe siècle, les Fumel-Roquefeuil (seigneurs locaux), et les Costes-Rabot, qui tentent une reconversion industrielle. Les défis techniques (manque de charbon de terre) et économiques (concurrence étrangère) expliquent son déclin. Les vestiges, incluant le haut fourneau pyramidal, les logements ouvriers, et une halle de stockage, offrent un témoignage rare de la métallurgie pré-industrielle en Nouvelle-Aquitaine.

Architecturalement, le site conserve un haut fourneau en pierre de taille, renforcé de tirants de fer, avec un gueulard voûté en plein cintre. Les bâtiments annexes (logement patronal, halle à combustible) datent du XIXe siècle. Une roue à aube actionnait autrefois les soufflets et marteaux, tandis qu’un cubilot ajouté ultérieurement permettait une seconde fusion. La forge, désaffectée vers 1950, fut brièvement réutilisée pour fondre de la ferraille agricole avant sa préservation.

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