Patrimoine classé
La halle et les logements ouvriers, façades et toitures (cad. B 430 à 432, 741, 742, 788, 790, 791, 841, 858, 871, 873, 874, 879, 899, 906 à 910) : inscription par arrêté du 4 juin 2007 - En totalité, les parties suivantes, telles qu'elles sont délimitées sur le plan joint à l'arrêté : les deux corps de logements ouvriers qui font face à l'entrée, l'orangerie, la grille nord ; le bâtiment en arc de cercle (écuries et magasins) ; la base de l'ancien haut-fourneau ; l'ancien bâtiment de la machine à vapeur, le grand bâtiment d'atelier à l'est, la maison du directeur de la fonderie, le pigeonnier ; la maison du maître de forge, ses communs, son jardin, sa cour et ses clôtures ; le réseau hydraulique, en grande partie enterré, depuis la Font jusqu'au bâtiment en arc de cercle et à l'orangerie ; les sols des parcelles B 430 à 432, 742, 788, 790, 791, 841, 858, 871, 873, 874, 879, 906 à 910 : classement par arrêté du 5 décembre 2012
Personnages clés
| Claude-François Rochet - Maître de forges |
Reconstruit le site à la fin du XVIIIe. |
| Jean-Antoine Guyet - Architecte bisontin |
Conçoit le plan symétrique du site. |
| Jean-François Rochet - Propriétaire au XVIIIe siècle |
Développe la production de fonte et fer. |
| Pierre Tiquet - Industriel du XIXe siècle |
Reprend la fonderie après 1869. |
| Louis de Pourtalès - Propriétaire suisse |
Acquiert le site en 1833. |
Origine et histoire
La forge-fonderie de Baignes, située dans la Haute-Saône en Bourgogne-Franche-Comté, trouve ses origines au XVIe siècle, mais son développement majeur intervient aux XVIIIe et XIXe siècles. Installée près d’une résurgence et entourée de forêts et de minerai de fer, elle devient un site industriel clé sous l’impulsion de Claude-François Rochet. Ce dernier, maître de forges, modernise le site à la fin du XVIIIe siècle avec l’aide de l’architecte bisontin Jean-Antoine Guyet, fils de Jean-Pierre Guyet, collaborateur des architectes Antoine Colombot et Alexandre Bertrand. Rochet organise alors une place en hémicycle autour du haut fourneau, encadrée par des bâtiments en quart de cercle et une « rue neuve » bordée de logements ouvriers. La forge, qui produit initialement des bombes, boulets et fers pour les salines de Salins-les-Bains et Montmorot, connaît des difficultés et cesse ses activités vers 1820.
Au XIXe siècle, le site tente de se moderniser avec l’installation d’une machine à vapeur en 1859, mais le haut fourneau ferme définitivement en 1869. La forge se reconvertit alors en fonderie de seconde fusion, produisant des poêles, cuisinières, et matériel agricole sous la marque TF jusqu’en 1961. Les bâtiments subsistants, comme le logement patronal, la halle à charbon, les vestiges du haut fourneau, et le pigeonnier, témoignent de cette histoire industrielle. Le site, protégé au titre des monuments historiques depuis 1978, 2007 et 2012, a été racheté par le Conseil départemental de la Haute-Saône. Les musées départementaux conservent aujourd’hui des objets liés à sa production, tels que moules, catalogues et pièces métallurgiques.
L’histoire de la forge-fonderie de Baignes est marquée par des périodes de prospérité et de déclin, reflétant les défis de l’industrie métallurgique française. Au XVIIIe siècle, sous la direction de Claude-François Rochet, le site atteint une production annuelle de 500 milliers de fonte et 150 milliers de fer, employant 123 ouvriers en 1789. Cependant, le manque de bois et d’eau entraîne l’arrêt de la forge vers 1820. Au XIXe siècle, malgré des tentatives de modernisation, comme l’introduction de machines à vapeur et de cubilots, la fonderie ne parvient pas à maintenir son activité et ferme ses portes en 1961. Les vestiges architecturaux, tels que les logements ouvriers, le magasin en quart de cercle, et les substructures du haut fourneau, illustrent l’évolution technologique et sociale de ce site emblématique.
Les forges de Baignes sont attestées dès 1549, exploitées initialement par Jean et François Vatelin. Au XVIIe siècle, l’établissement comprend un haut fourneau, un moulin et une forge. Acquis par Gédéon Rochet en 1700, le site se développe sous l’impulsion de sa famille, notamment avec Jean-François Rochet, qui en devient propriétaire en 1774. La production, orientée vers les salines et l’armement, décline au début du XIXe siècle en raison de contraintes environnementales. En 1833, le site est loué à Joseph Gauthier, puis repris par Pierre Tiquet en 1841, qui tente de relancer la production. Malgré ces efforts, le haut fourneau est éteint en 1869, marquant la fin de la métallurgie primaire sur le site.
La fonderie de seconde fusion, implantée après 1869, se spécialise dans la fabrication de poêles, cuisinières et objets domestiques sous la marque TF. Pendant la Première Guerre mondiale, elle produit environ 140 000 obus en fonte aciérée. Dans l’entre-deux-guerres, la fonderie diversifie sa production avec des appareils émaillés, mais décline après la Seconde Guerre mondiale, fermant définitivement en 1963. Les bâtiments, acquis par le Conseil général de la Haute-Saône, sont partiellement protégés comme monuments historiques. Aujourd’hui, le site conserve des éléments architecturaux remarquables, tels que le pigeonnier à frontons triangulaires, la halle à charbon, et les vestiges du haut fourneau, témoins d’un patrimoine industriel majeur en Franche-Comté.
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