Patrimoine classé
La moulerie, les deux hauts fourneaux, le laminoir et la digue en totalité ; les façades et toitures de l'ancienne cantine, de la maison dite de l'évêché, des bureaux, du logis du maître des forges, des logements ouvriers, des garages et remises, du chenil, de la maison du garde général, des écuries, de l'ancienne chapelle Saint-Eloi et de la nouvelle chapelle (cad. Paimpont AT 22 à 24, 26, 27, 113 à 116 ; AV 193, 194 ; Plélan-le-Grand YL 127 à 129) : inscription par arrêté du 24 juillet 2001
Personnages clés
| Duc de La Trémoille - Fondateur initial |
Obtint l’autorisation de créer la forge en 1633. |
| Jacques de Farcy et François d’Andigné - Premiers propriétaires (1653) |
Développèrent les forges après acquisition. |
| M. Formont - Propriétaire en 1841 |
Vendit les forges à une banque parisienne en 1855. |
| Louis Auguste Lévêque - Propriétaire à partir de 1873 |
Racheta l’usine ; descendants actuels propriétaires. |
| Patrik de la Paumélière - Propriétaire récent |
Menait la réhabilitation au début des années 2000. |
Origine et histoire des Forges
Les Forges de Paimpont, implantées dans la forêt de Brocéliande (Ille-et-Vilaine), tirent leur origine d’une autorisation accordée en 1633 au duc de La Trémoille pour créer une forge. Leur développement fut permis par la proximité de gisements de minerai de fer (hématite rouge), d’un réseau hydrographique dense et d’une production locale de charbon de bois. Dès le XVIIIe siècle, elles devinrent les plus importantes forges à bois de Bretagne, employant jusqu’à 230 personnes et produisant outils agricoles et domestiques en fonte et fer. Leur réputation dépassa les frontières, illustrée dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.
Au XIXe siècle, les forges connurent leur apogée sous l’impulsion de modernisations techniques : construction d’un deuxième haut fourneau, adoption de fours à puddlage, et production record (2 750 tonnes de fonte en 1853). Elles fournirent l’arsenal de Brest, les rails de chemins de fer locaux et employèrent jusqu’à 400 ouvriers. Cependant, la concurrence étrangère et le déclin de la compétitivité conduisirent à l’arrêt définitif des hauts fourneaux en 1884. Le site se reconvertit en usine de construction métallurgique jusqu’en 1954, avant un abandon progressif.
Classées monument historique en 2001, les Forges de Paimpont firent l’objet d’une réhabilitation majeure entre 2004 et 2008. Le laminoir (1820) et la fonderie, autrefois en ruine, furent restaurés pour accueillir des manifestations culturelles. Depuis 2005, le site est ouvert au public, proposant visites guidées et parcours libre. Une maquette des hauts fourneaux et des vestiges industriels (logis patronal, logements ouvriers, étangs) témoignent de ce patrimoine technique et social.
Le site s’étend sur deux communes, Paimpont (logis du maître de forges, logements ouvriers) et Plélan-le-Grand (hauts fourneaux, fonderie). Son énergie provenait à la fois de l’hydraulique (étangs), du charbon de bois et, plus tard, de machines à vapeur. L’ancienne fenderie, mentionnée dès 1692, fut réhabilitée en gîte, tandis que les minières, aujourd’hui submergées par des étangs, rappellent l’extraction locale du minerai.
Les Forges de Paimpont incarnent un modèle d’industrie précoce intégrée à son environnement forestier. Leur déclin reflète les bouleversements économiques du XIXe siècle, marqué par la transition vers la houille et la concurrence internationale. Leur préservation offre un témoignage rare de l’âge d’or de la métallurgie bretonne, mêlant patrimoine technique, architectural et paysager.