Fondation autorisée 13 janvier 1705 (≈ 1705)
Arrêt royal pour le prince de Bauffremont
1798
Rachat par Léonard Caron
Rachat par Léonard Caron 1798 (≈ 1798)
Nouvelle direction après la Révolution
1854-1857
Modernisation majeure
Modernisation majeure 1854-1857 (≈ 1856)
Construction de 4 hauts fourneaux
1863
Pic d’emploi
Pic d’emploi 1863 (≈ 1863)
250 ouvriers et fourneaux au coke
1891
Fermeture des forges
Fermeture des forges 1891 (≈ 1891)
Fin de la production métallurgique
1938-1976
Activité Distibois
Activité Distibois 1938-1976 (≈ 1957)
Production de charbon de bois
21 décembre 1984
Protection MH
Protection MH 21 décembre 1984 (≈ 1984)
Inscription des bâtiments industriels
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiments industriels, en totalité, à l'exclusion de l'ancien bâtiment des turbines ; façades et toitures de la maison du Directeur (cad. ZK 200, 212) : inscription par arrêté du 21 décembre 1984
Personnages clés
Prince de Bauffremont - Fondateur
Autorisé par arrêt royal en 1705
Léonard Caron - Propriétaire post-révolutionnaire
Rachat des forges en 1798
Origine et histoire des Forges
Les forges de Rans, fondées en 1705 par le prince de Bauffremont sur les bords du Doubs, étaient initialement composées d’un haut fourneau, d’une forge et de feux d’affinerie. Autorisées par un arrêt royal du 13 janvier 1705, elles furent rachetées en 1798 par Léonard Caron. En 1790, l’ensemble comptait déjà deux feux d’affinerie, illustrant une production métallurgique en expansion.
Entre 1854 et 1857, l’usine fut profondément modernisée pour devenir le centre principal de la Société des Hauts Fourneaux, Fonderies et Forges de Franche-Comté. Quatre hauts fourneaux furent construits (deux au bois, deux au coke en 1863), tandis que le personnel passait de 27 ouvriers en 1840 à 250 en 1863. Le minerai provenait des mines à ciel ouvert d’Ougney, reliées par voie ferrée, avant leur fermeture en 1922.
Le déclin s’amorça à la fin du XIXe siècle : les fourneaux au bois, jugés non rentables, furent démolis vers 1870, ne laissant qu’un haut fourneau au coke actif jusqu’en 1891. L’usine fut reprise en 1938 par Distibois pour produire du charbon de bois jusqu’en 1976. Une centrale hydroélectrique, construite en 1920, fonctionna jusqu’en 1988. Les bâtiments, partiellement inscrits aux Monuments Historiques en 1984, sont aujourd’hui désaffectés et dégradés.
Les vestiges actuels incluent des ateliers en brique et fonte (toits en tuiles mécaniques ou ciment-amiante), le logement patronal à demi-croupes, et des logements ouvriers à travées. Le site, dernier exemple jurassien de haut fourneau au coke, conserve aussi des équipements industriels comme des cuves, des moteurs Oerlikon, et un ventilateur Meidinger. Son crassier, autrefois séparé par le Doubs, est aujourd’hui arasé.
L’histoire des forges reflète les mutations technologiques (passage du bois au coke, récupération de chaleur en 1840) et économiques de la métallurgie française. Leur protection en 1984 soulignait leur valeur patrimoniale, malgré un état de conservation précaire au XXIe siècle. Le site reste un témoignage clé de l’industrialisation rurale en Franche-Comté.