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Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans en Haute-Saône

Patrimoine classé Patrimoine industriel Forge

Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans

    1-5 Cours Jérôme Patret
    70800 Dampierre-lès-Conflans
Propriété d'une société privée
Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans
Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans
Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans
Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans
Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans
Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans
Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans
Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans
Forges de Varigney à Dampierre-lès-Conflans
Crédit photo : Gilgamesh d'Uruk - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1700
1800
1900
2000
1132
Fondation de l’abbaye de Clairefontaine
1728
Relance du haut fourneau
1834
Construction de l’atelier de seconde fusion
1874-1875
Construction de la chapelle Saint-Éloi
1919
Création de la société anonyme
1955
Fermeture définitive des forges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle Saint-Eloi (cad. B2 1010) : inscription par arrêté du 21 décembre 1994

Personnages clés

Jean-Baptiste Perrier - Maître de forges Relance le haut fourneau en 1728.
Jérôme-Auguste Patret - Industriel et modernisateur Construisit l’atelier de 1834 et développa la fonderie.
Albert Ricot - Ingénieur et dirigeant Recentra l’activité sur la fonderie (1862-1902).
Lambert de Clairefontaine - Moine fondateur Premier abbé lié à Varigney (XIIe siècle).
Guy de Jonvelle - Seigneur donateur Céda droits de pêche et moulin (XIIe siècle).

Origine et histoire

Les forges de Varigney, situées à Dampierre-lès-Conflans en Haute-Saône, trouvent leurs origines au XIIe siècle avec l’installation d’un moulin et d’une écluse par les moines cisterciens de l’abbaye de Clairefontaine. Le site, initialement une grange monastique dédiée à l’agriculture et à l’élevage, bénéficiait de droits de pêche et de forêts octroyés par des seigneurs locaux comme les Jonvelle ou les Dampierre. Les donations successives (1150-1243) consolidèrent son rôle économique, avec une exploitation directe par les convers jusqu’au XIIIe siècle, où l’introduction de fermiers marqua un tournant.

Au début du XVIe siècle, des textes mentionnent une activité métallurgique naissante, mais c’est en 1728 que Jean-Baptiste Perrier relance un haut fourneau sur le site, sous bail de l’abbaye. Après la Révolution, le site est acquis par Claude-Antoine Vuilley (1791), puis exploité par la famille Galaire-Patret, qui modernise les installations au XIXe siècle. En 1834, Jérôme-Auguste Patret construit un atelier de seconde fusion, tandis qu’Albert Ricot (gendre de Patret) recentre l’activité sur la fonderie après 1862, produisant du matériel ferroviaire et des objets moulés. La chapelle Saint-Éloi, érigée en 1874-1875, symbolise cette ère industrielle florissante.

Le déclin s’amorce après la Première Guerre mondiale, malgré des innovations comme l’émaillage des fontes. La société anonyme des Usines de Varigney, créée en 1919, ferme définitivement en 1955. Aujourd’hui, subsistent des vestiges comme les murs du haut fourneau (1834), la chapelle inscrite aux Monuments Historiques (1994), et des logements ouvriers. Le site illustre ainsi la transition d’une grange cistercienne médiévale à un complexe industriel majeur, marqué par des conflits territoriaux entre Bourgogne et Lorraine jusqu’au XVIIIe siècle.

Varigney fut longtemps une « terre de surséance », disputée entre le comté de Bourgogne (Franche-Comté) et le duché de Bar (Lorraine). Un jugement de 1562 la rattache définitivement à la Bourgogne, mais sa paroisse commune avec Dampierre-lès-Conflans (lorraine) explique son intégration à cette commune en 1790. L’héritage cistercien persiste dans l’organisation spatiale, tandis que l’ère industrielle a laissé des traces architecturales uniques, comme la flèche métallique de la chapelle ou les bâtiments en moellon de grès.

L’activité métallurgique connut son apogée sous la direction des Patret et Ricot, avec une production passant de 300 tonnes de fonte en 1786 à 530 tonnes de fonte moulée en 1863. Le site employait jusqu’à 250 ouvriers en 1788, mais ce chiffre chuta à une quarantaine en 1938. La modernisation post-Seconde Guerre mondiale échoua, scellant la fin d’une aventure industrielle débutée six siècles plus tôt avec les moines de Clairefontaine.

Liens externes