Donation de Guillaume Amanieu 1288 (≈ 1288)
Cession des droits seigneuriaux et péages
Fin XIIe siècle
Fondation de la commanderie
Fondation de la commanderie Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Donation de Rainfroid Ier de Montpezat
1309
Transfert aux Hospitaliers
Transfert aux Hospitaliers 1309 (≈ 1309)
Saisie des biens des Templiers
1485-1510
Reconstruction en brique
Reconstruction en brique 1485-1510 (≈ 1498)
Logis et tour d’escalier ajoutés
1506-1650
Rattachement à La Cavalerie
Rattachement à La Cavalerie 1506-1650 (≈ 1578)
Période de dépendance administrative
1650
Rétablissement de la commanderie
Rétablissement de la commanderie 1650 (≈ 1650)
Autonomie retrouvée sous les Hospitaliers
1753
Destruction de Sainte-Quitterie
Destruction de Sainte-Quitterie 1753 (≈ 1753)
Construction de la Maison du Refuge
26 mai 1952
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 26 mai 1952 (≈ 1952)
Protection des façades et toitures
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les couvertures (cad. D2 151, 152) : inscription par arrêté du 26 mai 1952
Personnages clés
Rainfroid Ier de Montpezat - Seigneur local
Donateur initial de la commanderie
Guillaume Amanieu de Castelmoron-sur-Lot - Seigneur et donateur
Cède droits et péages en 1288
Jourdain de la Contraria - Premier commandeur templier
Mentionné en 1161 ou 1175
Bertrand de Gros - Commandeur hospitalier
Reconstruction fin XVe siècle
Tannequin de Bussel - Commandeur hospitalier
Travaux du début XVIe siècle
Denys de Polastron de la Hillière - Commandeur et ambassadeur
Restaure l’autorité seigneuriale en 1630
Origine et histoire
La commanderie de Temple-sur-Lot, aussi appelée Commanderie de Brulhes, fut fondée à la fin du XIIe siècle par l’ordre du Temple, après une donation de Rainfroid Ier de Montpezat. Initialement établie à Agen dans la maison Sainte-Quitterie, la commanderie fut transférée sur les bords du Lot une fois le château du Temple achevé. Ce premier bâtiment, rectangulaire et en pierre de taille, fut divisé par un mur de refend longitudinal. Les Templiers y créèrent une bastide fortifiée malgré les protestations des seigneurs locaux, comme Guillaume Amanieu de Castelmoron-sur-Lot, qui renoncèrent à leurs droits en 1288.
Au XIIIe siècle, la commanderie devint un centre stratégique pour l’ordre, accumulant des biens et des droits (péages, dîmes) dans la région. Après la dissolution des Templiers en 1309, leurs possessions passèrent aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, sauf l’église de Port-Sainte-Marie. La commanderie fut partiellement détruite pendant la guerre de Cent Ans, puis reconstruite en brique entre 1485 et 1510 sous l’impulsion des commandeurs Bertrand de Gros et Tannequin de Bussel. Les travaux inclurent un logis avec tour d’angle et un escalier à vis, typiques de l’architecture de la Renaissance.
Entre 1506 et 1650, la commanderie fut rattachée à celle de La Cavalerie, avant d’être rétablie en 1650. Les Hospitaliers y exercèrent une autorité régionale, malgré des conflits avec les seigneurs locaux et les consuls d’Agen, comme en témoignent les procès pour les droits sur le quartier Sainte-Quitterie. Au XVIIIe siècle, l’église Sainte-Quitterie d’Agen, dépendante de la commanderie, fut détruite pour construire une Maison du Refuge. La commanderie, classée Monument Historique en 1952, conserve des éléments défensifs (tours, canonnières) et des caves voûtées, reflétant son rôle à la fois religieux, militaire et économique.
Les fouilles archéologiques, notamment celles de Jacques Pons et Michel Daynès, ont révélé des traces du bâtiment templier initial, comme le mur est et les fondations de l’église. Les armoiries des Hospitaliers, bûchées pendant la Révolution, rappellent les bouleversements politiques ayant marqué son histoire. Aujourd’hui, le site, restauré, accueille un centre d’hébergement sportif, perpétuant sa vocation d’accueil initée par les ordres religieux-militaires.
La commanderie s’inscrit dans un réseau plus large de possessions templières et hospitalières en Agenais, incluant des sites comme Sainte-Foy-de-Jérusalem, Port-Sainte-Marie ou Gavaudun. Ces biens, souvent sources de litiges, illustrent l’influence des ordres dans la région, entre gestion seigneuriale, protection des pèlerins et exploitation économique (péages, dîmes). Le Temple de Brulhes, avec son enceinte fortifiée et son logis en brique, reste un exemple emblématique de l’architecture militaire et religieuse du Sud-Ouest.
Les sources historiques, comme les travaux de Jacqueline Chaumié ou Antoine du Bourg, soulignent l’importance de cette commanderie dans l’organisation du grand prieuré de Toulouse. Les archives mentionnent aussi des conflits récurrents avec les seigneurs de Montpezat ou les autorités locales, révélant les tensions entre pouvoir religieux et laïc. La commanderie, par son évolution architecturale et ses fonctions successives, offre un témoignage tangible des mutations politiques et sociales entre Moyen Âge et époque moderne.
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