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Fort d'Hoedic dans le Morbihan

Patrimoine classé Patrimoine militaire Fort Patrimoine défensif

Fort d'Hoedic

    Paluden
    56170 Hoedic
Propriété d'un établissement public de l'Etat
Crédit photo : rene boulay - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1693
Invasion anglaise
1746
Destruction par les Anglais
1847–1853
Construction du fort actuel
1874
Abandon militaire
1881
Transformation en école
1942
Occupation allemande
30 octobre 2000
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Fort (cad. AH 22) : inscription par arrêté du 30 octobre 2000

Personnages clés

Louis XV - Roi de France Ordonne la reconstruction en 1746.
Comité des fortifications (1846) - Instance militaire Valide le tracé trapézoïdal réduit.
Conservatoire du littoral - Propriétaire depuis 1979 Gère le site et son ouverture publique.

Origine et histoire

Le fort d'Hoedic, également nommé fort Louis-Philippe, est un édifice militaire érigé entre 1847 et 1853 sur l’île du même nom, dans le Morbihan (Bretagne). Il remplace un premier fort détruit au XVIIIe siècle après des occupations anglaises répétées (1693, 1746, 1759). Ce nouvel ouvrage, de plan trapézoïdal flanqué de quatre bastionnets, intègre une caserne à trois niveaux et un fossé sec. Conçu pour abriter 200 soldats et une artillerie légère, il est cependant abandonné dès 1874, faute d’utilité stratégique.

Transformé en école communale en 1881, puis en usine d’extraction d’iode (1892–1931) exploitée via le brûlage de goémon, le fort connaît une réutilisation militaire pendant la Seconde Guerre mondiale : les Allemands y installent une batterie de DCA en 1942. Rachat par le Conservatoire du littoral en 1979, il abrite aujourd’hui un gîte d’étape et des locaux associatifs. Son architecture reflète les standards des fortifications côtières du milieu du XIXe siècle, avec un cavalier d’artillerie en terrassement et des parapets adaptés à la défense d’infanterie.

Le fort est inscrit aux Monuments historiques depuis 2000, reconnaissant son rôle dans l’histoire militaire bretonne et son adaptation civile ultérieure. Son tracé, inspiré des forts insulaires comme celui d’Houat, illustre les compromis entre défense côtière et contraintes budgétaires. Les matériaux locaux (granite d’Hoedic, de Trégunc ou de Crac’h) et les aménagements intérieurs (magasin à poudre central, tunnel de communication) témoignent d’une ingénierie militaire pragmatique, malgré son abandon précoce.

Les origines du fort remontent aux guerres de Succession d’Autriche et de Sept Ans, lorsque les îles d’Houat et d’Hoedic servaient de bases aux Anglais. La Commission des fortifications de 1841 impose sa reconstruction comme réduit défensif, avec un armement théorique de canons de 30 livres et obusiers de 22 cm. Malgré des projets initiaux plus ambitieux (1845), le Comité opte pour un tracé réduit, jugé suffisant pour une île peu exposée aux tirs marins. Les travaux s’achèvent en 1855–1856, mais l’évolution de l’artillerie rend l’ouvrage obsolète dès les années 1870.

Après son désarmement en 1875, le fort est cédé à la commune, puis vendu en 1893 à un industriel spécialisé dans le goémon, qui l’utilise comme entrepôt sans respecter l’obligation de démolition partielle. Pendant la Première Guerre mondiale, il accueille brièvement un poste de défense anti-sous-marine. Son inscription au titre des monuments historiques en 2000 consacre son statut de patrimoine insulaire, mêlant héritage militaire, adaptations civiles et enjeux mémoriels contemporains.

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