Frise chronologique
1636
Construction initiale
Construction initiale
1636 (≈ 1636)
Édification de la tour sur ordre de Richelieu.
1673
Renforcement par Gombert
Renforcement par Gombert
1673 (≈ 1673)
Ajout de deux batteries avant la guerre contre la Hollande.
1793
Combat contre les Britanniques
Combat contre les Britanniques
1793 (≈ 1793)
Rôle clé lors de la reprise de Toulon par Bonaparte.
1846
Remaniement majeur
Remaniement majeur
1846 (≈ 1846)
Extension de l’aile droite et modification des parapets.
17 mars 1975
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
17 mars 1975 (≈ 1975)
Protection officielle du fort et de son enceinte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fort de Balaguier, y compris son enceinte (cad. AR 393) : inscription par arrêté du 17 mars 1975
Personnages clés
| Henri de Séguiran - Premier président du parlement de Provence |
Ordonne la construction en 1636. |
| Cardinal de Richelieu - Grand maître de la navigation |
Initiateur du programme défensif provençal. |
| François Gombert - Ingénieur de la marine |
Renforce les défenses en 1673. |
| Vauban - Ingénieur militaire |
Critique le fort en 1679 et 1700. |
| Napoléon Bonaparte - Officier républicain |
Dirige les combats de 1793. |
Origine et histoire
Le fort de Balaguier fut construit en 1636 sur ordre d’Henri de Séguiran, lieutenant du cardinal de Richelieu, dans le cadre d’un programme de défense côtière contre les menaces de la maison de Habsbourg en Méditerranée. Il complétait un réseau de tours défensives entre Antibes et les îles d’Hyères, visant à sécuriser l’accès à la rade de Toulon, jugée vulnérable malgré la présence de la Tour royale située à 1 350 mètres.
En 1673, l’ingénieur Gombert renforce ses défenses en ajoutant deux batteries à ciel ouvert, à la veille de la guerre contre la Hollande. Vauban, lors de ses inspections (1679, 1700), critique sa vulnérabilité aux attaques terrestres et propose des améliorations non réalisées. Le fort joue un rôle clé en 1793 lors des combats entre les troupes républicaines, dirigées par Bonaparte, et les Britanniques après la reddition de Toulon.
Remanié en 1846, le fort voit son aile droite allongée et dotée d’un parapet en terre, tandis que sa tour, initialement menacée de destruction pour des raisons de sécurité, est préservée. Déclassé en 1877, il est réarmé en 1899 avant d’être loué à la ville de La Seyne-sur-Mer en 1970, qui y installe un musée maritime. Inscrit aux Monuments historiques en 1975, il reste affecté à la Marine nationale.
Architecturalement, le fort combine une enceinte irrégulière, une tour tronconique à deux niveaux voûtés (soubassement aveugle et rez-de-chaussée surélevé), et des bâtiments militaires adossés. La tour, datée de 1636, abrite des magasins et des logements pour les soldats, tandis que les modifications des XVIIIe et XIXe siècles (magasin à poudres, chapelle, demi-bastion) reflètent son adaptation aux évolutions stratégiques.
Le site est également marqué par la culture populaire : en 1967, une scène du film Le Petit Baigneur, avec Louis de Funès, y est tournée. Aujourd’hui, le fort allie patrimoine militaire et vocation muséale, illustrant l’histoire maritime de la région.