Fort de Bois l'Abbé à Uxegney dans les Vosges

Patrimoine classé Patrimoine militaire Fort Patrimoine défensif

Fort de Bois l'Abbé

  • Le Bois-l'Abbé
  • 88390 Uxegney
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Fort de Bois lAbbé
Crédit photo : Thomas Bresson - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
30 juin 1876
Décret d'utilité publique
1883-1885
Construction du fort
21 janvier 1887
Renommage temporaire
13 octobre 1887
Retour au nom initial
29 avril 2002
Protection historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le fort en totalité (cad. B 1656) : inscription par arrêté du 29 avril 2002

Personnages clés

Georges Boulanger Ministre ayant temporairement renommé le fort en 1887.
Théophile Ferron Ministre ayant abrogé le décret de renommage du fort en 1887.
Józef Antoni Poniatowski Prince en hommage auquel le fort a été temporairement renommé.

Origine et histoire du Fort de Bois l'Abbé

Le fort dit de Bois-l'Abbé, parfois appelé fort Poniatowski, est une fortification de la place forte d'Épinal située au nord-est d'Uxegney. Construit entre 1883 et 1885 et de type Séré de Rivières de deuxième génération, il est resté dans son état d'origine et n'a pas été profondément modernisé avant 1914, conservant l'organisation d'une batterie pour six pièces de siège et quatre pièces en caponnière. Sont encore présents les fours à pain, le puits et sa pompe, ainsi que le pont-levis, éléments relativement rares. Le fort est entretenu par l'association ARFUPE, qui restaure également le fort d'Uxegney ; il se visite uniquement le 14 juillet et le dimanche des Journées du patrimoine.

Le décret d'utilité publique date du 30 juin 1876. Par décret du 21 janvier 1887, le ministre Georges Boulanger renomma les ouvrages militaires en hommage à d'anciens chefs ; pour Bois-l'Abbé il proposa le nom de prince Józef Antoni Poniatowski, mais ce décret fut abrogé le 13 octobre 1887 par son successeur Théophile Ferron et le fort retrouva son nom antérieur. Le choix faisait référence au prince Poniatowski, né à Vienne et mort en 1813 lors de la retraite suivant la bataille de Leipzig.

Le fort, de petit plan trapézoïdal, est flanqué de deux ailerons saillants et d'une caponnière double ; l'entrée s'ouvre au premier tiers du fossé de gorge et l'accès depuis la contrescarpe se fait en tranchée, les grilles protégeant les caponnières étant conservées. Plusieurs casemates, dont les logements des officiers et les latrines, s'ouvrent sur la gorge ; le porche d'entrée est précédé d'un pont à bascule à mouvement assisté dont la commande se trouvait dans le corps de garde. À gauche du corps de garde s'enchaînent d'autres locaux menant à la galerie d'escarpe et à l'aileron du saillant I, tandis que le porche prolonge le couloir desservant les locaux de l'artillerie et le magasin à poudre de 30 tonnes.

La cour centrale est bordée, sur la gauche, par les travées du casernement de la troupe qui se prolongent après une brisure vers d'autres casemates et installations de manutention ; dans la brisure, la gaine d'accès de plain-pied vers la caponnière double est jouxtée de locaux et magasins où figurent le puits et des lavabos. Exceptionnel pour un ouvrage de cette époque, il est possible de joindre presque tous les locaux depuis d'autres sans s'exposer à l'air libre, à l'exception de l'unique traverse-abri adossée au front III-IV.

Les maçonneries présentent une qualité et une variété remarquables. Parmi les spécificités conservées figurent des fours à pain du modèle Lamoureux opérationnels, un puits d'eau potable surmonté de sa pompe et d'une citerne métallique, et des caponnières équipées de supports de mitrailleuses modèle 1900 avec leurs volets obturateurs. Les deux cages d'escalier permettant d'accéder au cavalier sont d'une ampleur surprenante pour la taille du fort, et l'on remarque une voûte à plusieurs ressauts dans un couloir proche. Le sas d'entrée du magasin à poudre, coiffé d'un grand puits de lumière, présente une solution particulière d'accès avec un chanfrein laissant place à un plan d'échelons oblique plutôt qu'à un escalier vertical, aménagement sans autre exemple similaire signalé dans la documentation. L'accès aux vides ventilés du magasin s'effectue depuis la chambre aux lampes via un puits muni d'échelons.

Le fort a conservé l'essentiel de ses huisseries, la quasi-totalité de ses portes avec marquages de destination, et des lanterneaux des puits de lumière restaurés avec leurs vitres. Le plateau supérieur conserve plusieurs cuves pour canons de DCA et des édicules Goux dans la cour. Jusqu'en 1995, l'ouvrage dépérissait sous une végétation envahissante ; l'ARFUPE l'a repris en charge et les travaux de restauration, toujours en cours, sont reconnus pour leur souci du détail. Les visites organisées le 14 juillet permettent de voir le fort éclairé comme à l'époque.

La pompe à eau est de type foulante, en bon état apparent, avec une roue de 112 cm de diamètre et une manivelle ; le réservoir journalier est présent dans le même local. Un fourneau François-Vaillant modèle 1903 récupéré en 1997 a été parfaitement restauré, ses marmites refaites par des élèves du lycée Camille Claudel à Remiremont ; un second fourneau du même modèle a été récupéré au même endroit mais n'est pas encore restauré. L'armement initial comprenait quatre canons de 120 mm et deux de 90 mm installés sur des plateformes sommitales.

Le fort avait pour rôle la surveillance de la route venant de Domèvre-sur-Avière et le contrôle des débouchés de la forêt de la Souche au nord et à l'est, complétant ainsi la couverture du fort d'Uxegney. Il a été construit en plein air avec du grès local extrait d'une carrière aux Forges, puis recouvert par des terres provenant de l'excavation des fossés et du nivellement alentour. Inscrit au titre des monuments historiques, il fait l'objet d'une protection depuis le 29 avril 2002.

Le toponyme laisse des traces anciennes : le hameau du Bois L'Abbé était qualifié d'écart ou de cense vers 1840 par les historiens lorrains Charton et Lepage, tandis que Dom Calmet atteste un village du ban d'Uxegney au XIe siècle. Les archives citent, avant 1772, « Bois Labbé », en 1615 la « cense du capitaine Labbé » et en 1717 la « cense du Bois L'abbé ». Ces mentions ont conduit à des interprétations variées, évoquant soit un propriétaire nommé Labbé ou une capitainerie, soit une désignation plus générale de la zone boisée sur le versant de la petite montagne, et même une possible altération d'un toponyme gallo-romain tel que Bodinabergo, hypothèses notées dans les sources anciennes.

Liens externes