Frise chronologique
VIe siècle av. J.-C.
Fondation de l’oppidum ligure
Fondation de l’oppidum ligure
VIe siècle av. J.-C. (≈ 551 av. J.-C.)
Premières occupations par les Ligures.
1481
Devenir forteresse royale
Devenir forteresse royale
1481 (≈ 1481)
Intégration au domaine royal sous Louis XI.
1483
Construction sur l’îlot actuel
Construction sur l’îlot actuel
1483 (≈ 1483)
Déplacement du fort par Jean de Baudricourt.
1964
Première visite de de Gaulle
Première visite de de Gaulle
1964 (≈ 1964)
Début de son usage présidentiel.
25 septembre 1968
Classement monument historique
Classement monument historique
25 septembre 1968 (≈ 1968)
Protection officielle du site.
2014
Ouverture au public
Ouverture au public
2014 (≈ 2014)
Gestion par le Centre des monuments nationaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fort de Brégançon et îlot qui le supporte (cad. F 992, 993) : classement par arrêté du 25 septembre 1968
Personnages clés
| Louis XI - Roi de France |
Intègre Brégançon au domaine royal. |
| Jean de Baudricourt - Gouverneur de Bourgogne |
Déplace le fort sur l’îlot en 1483. |
| Charles de Gaulle - Président de la République |
Premier président à y séjourner en 1964. |
| Pierre-Jean Guth - Architecte de la Marine |
Réaménage le fort en résidence en 1968. |
| Valéry Giscard d’Estaing - Président de la République |
Modernise la communication présidentielle depuis Brégançon. |
| Emmanuel Macron - Président de la République |
Ajoute une piscine en 2018. |
Origine et histoire
Le fort de Brégançon, situé sur un îlot rocheux de 2 000 m2 au large de Bormes-les-Mimosas (Var), est à l’origine un oppidum ligure du VIe siècle av. J.-C., devenu un comptoir grec nommé Pergantion. Au Moyen Âge, il abrite une seigneurie dépendant des vicomtes de Marseille, puis des comtes de Provence, avant de devenir une forteresse royale en 1481 sous Louis XI. Le cardinal de Richelieu le réorganise au XVIIe siècle pour en faire un bastion militaire stratégique face aux raids ottomans et espagnols.
Transformé en résidence présidentielle en 1968 sous de Gaulle, le fort conserve son architecture d’origine (deux tours et un corps de bâtiment) tout en étant aménagé pour accueillir les chefs d’État. Il est classé monument historique en 1968 et ouvert au public depuis 2014, hors périodes de présence présidentielle. Son rôle symbolique s’affirme sous Pompidou, Giscard d’Estaing, ou Macron, qui y reçoivent des dirigeants étrangers ou y organisent des réunions de travail.
Le site, accessible par une jetée artificielle construite sous de Gaulle, comprend un héliport, un jardin méditerranéen, et une plage privée. Son intérieur, réaménagé par l’architecte Pierre-Jean Guth, allie mobilier moderne (fauteuils Paulin, œuvres d’art contemporain) et éléments historiques (tomettes, salons bourgeois). Les appartements présidentiels, situés dans la tour ouest, offrent une vue sur la mer et l’île de Porquerolles.
Le fort est géré par l’Élysée mais peut se visiter en été, sous réserve de réservation. Sa sécurité est assurée par la gendarmerie et la Marine nationale, avec une zone réglementée de 3 km de rayon. Depuis 2018, une piscine hors sol y a été ajoutée sous la présidence Macron, modernisant ce lieu chargé d’histoire.
Parmi les événements marquants, on note la visite de Helmut Kohl en 1985, la réception de Vladimir Poutine en 2019, ou les séjours médiatiques de Giscard d’Estaing, qui en fit un outil de communication politique. Le fort incarne aujourd’hui à la fois un patrimoine militaire préservé et un symbole du pouvoir républicain.