Fort de Brescou à Agde dans l'Hérault

Patrimoine classé Patrimoine militaire Fort Patrimoine défensif

Fort de Brescou

  • 2 Rue de la Capitainerie
  • 34300 Agde
Fort de Brescou
Fort de Brescou
Fort de Brescou
Fort de Brescou
Fort de Brescou
Fort de Brescou
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Fort de Brescou
Fort de Brescou
Fort de Brescou
Fort de Brescou
Crédit photo : Spedona - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1586
Construction initiale
1604-1605
Premier agrandissement
1632
Occupation et destruction partielle
Fin du XVIIe siècle
Remodelage par Vauban
1836
Construction du phare
1942-1944
Occupation allemande
1996
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Fort (cad. OI 1) : inscription par arrêté du 10 mai 1996

Personnages clés

Vicomte de Joyeuse Constructeur initial du fort en 1586.
Vauban Ingénieur militaire ayant probablement remodelé le fort à la fin du XVIIe siècle.
Nicolas de Lamoignon de Basville Intendant ayant détenu des huguenots au fort en 1687.
Étienne Durand Protestant du Vivarais interné au fort au début du XVIIIe siècle.
Jean Sagnes Historien participant à la restauration du fort.

Origine et histoire du Fort de Brescou

Le fort de Brescou, situé sur une île volcanique de 0,5 hectare rattachée à la commune d’Agde (Hérault), est un témoin majeur de la fortification du littoral languedocien. Il abrite un vieux fanal encore visible et un phare moderne, et appartient aujourd’hui à la commune après avoir été terrain militaire jusqu’en 1889 puis géré par le service des Ponts et Chaussées. Édifié en 1586 par le vicomte de Joyeuse pour empêcher toute implantation ennemie pendant les guerres de Religion, le fort fut agrandi en 1604-1605 puis en 1610 ; les détails de cet ouvrage primitif restent inconnus. Occupé lors de la révolte du duc de Montmorency en 1632, il fit l’objet d’un ordre royal de destruction dès octobre, mais les démolitions furent interrompues en 1634 à l’occasion des travaux projetés pour un port. L’ouvrage visible aujourd’hui paraît dater du dernier quart du XVIIe siècle et est généralement attribué à Vauban ou à ses ingénieurs, puis enrichi de divers aménagements ultérieurs, dont ceux effectués lors de l’occupation allemande de fin 1942 à mi‑1944 où il fut intégré au Südwall. Le fort épouse la forme du rocher et comporte quatre bastions irréguliers — Royal, Sainte‑Anne, Saint‑Antoine et Saint‑André —, une courtine appuyée sur une grosse tour ronde vestige probable des fortifications antérieures, et une petite demi‑lune dite Luneton de la Porte ; une courte jetée aboutit à la demi‑lune et une petite plage entre celle‑ci et le bastion Saint‑André constitue le seul accès. Les bâtiments sont aujourd’hui cachés derrière les murailles ; ils avaient à l’origine un ou deux étages aujourd’hui arasés, et la seule construction extérieure visible est la maison de l’ancien gardien du phare. Le chemin de ronde servait de promenade aux prisonniers autorisés à prendre l’air et, sous le bastion Saint‑André, des traces d’un ancien môle subsistent. Lorsque le fort était en activité, l’organisation interne répondait à la double nécessité d’abriter une garnison et des détenus : au fond de la cour se trouvait le logis du gouverneur — remplacé aujourd’hui par la maison du gardien —, derrière lequel s’étendaient l’arsenal disparu et le soubassement de la tour du fanal ; à gauche se succédaient le poste de l’officier de garde, la boulangerie, le cellier, la cantine et la chapelle avec un petit cimetière, la Bastion Sainte‑Anne abritant derrière la chapelle une grosse tour dotée de cachots ; à droite se trouvaient le corps de garde, le bâtiment des prisonniers, la longue caserne de la garnison et, en bord de mer, la grosse tour ronde supportant le phare moderne. Remodelé à la fin du XVIIe siècle pour protéger les approches d’un port alors projeté à l’ouest du cap, le fort perdit rapidement son intérêt stratégique lorsque ce port ne fut pas réalisé et n’apparaît pas avoir joué de rôle lors des débarquements et opérations navales ultérieurs mentionnés. Une garnison fut néanmoins maintenue avec gouverneur, lieutenant et major, la mission essentielle consistant à surveiller les navires anglais et à assurer la liberté de la pêche grâce à un poste de signaux actif de début mai à fin septembre ; des postes analogues existaient à l’embouchure de l’Hérault, sur le mont Saint‑Loup et au cap d’Agde, chacun tenu par un matelot signaleur et deux soldats. En temps de paix la garnison était souvent une compagnie d’invalides d’environ quarante hommes, sujette à de fréquentes désertions, tandis qu’en période troublée elle était relevée ou complétée par des compagnies de milice venues d’autres villes. Le fort fut également utilisé comme prison d’État à une date non précisée, sa proximité relative de la côte facilitant les accès tout en limitant les possibilités d’évasion ; en 1687 l’intendant Nicolas de Lamoignon de Basville y fit détenir vingt‑deux huguenots cévenols pendant trois semaines avant leur transfert vers des plages italiennes près de Gênes, et au début du XVIIIe siècle des protestants du Vivarais, dont Étienne Durand, y furent aussi internés. Les détenus relevaient de motifs variés — raisons d’État, délits de droit commun, escroqueries, violences ou accusations de « libertinage » — et la vie était rude en raison de la promiscuité et du manque d’hygiène ; la plupart pouvaient cependant circuler sur les remparts le jour, tandis que les condamnés au cachot étaient enfermés dans les sous‑sols de la tour. Sauf pour les prisonniers d’État « au pain du Roi », les détenus devaient régler leur pension couvrant nourriture, chauffage, location du lit et autres besoins, et les libérations pouvaient être retardées jusqu’au paiement intégral des sommes dues. Le fort accueillait aussi un aumônier et un cantinier chargé de préparer deux types de menus pour soldats et officiers; de nombreuses tentatives d’évasion nécessitaient des complicités et la collaboration de pêcheurs, et environ vingt‑cinq évasions ou tentatives sont connues entre 1757 et 1773. Après la prise de la smala d’Abd el‑Kader en 1843, il servit à la détention de prisonniers algériens considérés comme prisonniers de guerre en application de l’arrêté de 1841, et il fut également utilisé pour des opposants au coup d’État du 2 décembre 1851. L’île comporte deux phares enserrés dans l’enceinte : un vieux fanal — une tour de pierres noires où l’on allumait autrefois un feu, encore visible sur les remparts — et un phare construit en 1836 sur les restes de la grosse tour, relevé en 1901 puis aujourd’hui haut de 12 m, blanc et rouge, s’élevant à 22 m au‑dessus des eaux avec une portée maximale de 13 milles marins ; le phare était gardienné jusqu’à son automatisation totale en 1989. D’importants travaux de consolidation ont été entrepris à partir de 1998 pour réparer les dégâts occasionnés par les tempêtes et prévenir l’effondrement d’un pan de rempart, et ces restaurations se poursuivent. Le site est prisé pour la plongée et la pêche sous‑marines, riche en espèces comme le loup, la daurade et la murène, et des plongeurs ont mis au jour entre l’île et la côte une ancienne zone de délestage de navires marchands. Autrefois accessible par des visites guidées et des excursions en bateau, le fort est fermé au public depuis 2005 en raison de son état de délabrement ; l’association Les Amis de Brescou a mis en place un comité scientifique et consultatif, avec la participation de l’historien Jean Sagnes, pour préparer sa restauration. Le fort de Brescou est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 19 mai 1996 et a été retenu en mars 2019 parmi les sites emblématiques du deuxième Loto du Patrimoine, bénéficiant d’un financement prioritaire.

Liens externes