Construction initiale 1586 (≈ 1586)
Bâti par Guillaume de Joyeuse contre les Espagnols.
1632
Destruction partielle ordonnée
Destruction partielle ordonnée 1632 (≈ 1632)
Après la révolte du duc de Montmorency.
1687
Prison pour huguenots cévenols
Prison pour huguenots cévenols 1687 (≈ 1687)
22 protestants y furent détenus avant exil.
fin XVIIe siècle
Reconstruction attribuée à Vauban
Reconstruction attribuée à Vauban fin XVIIe siècle (≈ 1795)
Fort actuel probablement édifié à cette période.
1836
Construction du phare moderne
Construction du phare moderne 1836 (≈ 1836)
Sur les restes de la grosse tour.
1996
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1996 (≈ 1996)
Inscrit par arrêté du 10 mai.
2019
Sélection pour le Loto du Patrimoine
Sélection pour le Loto du Patrimoine 2019 (≈ 2019)
Financement prioritaire pour restauration.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fort (cad. OI 1) : inscription par arrêté du 10 mai 1996
Personnages clés
Guillaume de Joyeuse - Vicomte et constructeur initial
Ordonna la construction en 1586.
Henri II de Montmorency - Duc rebelle contre Richelieu
Son arrestation entraîna la destruction partielle.
Nicolas de Lamoignon de Basville - Intendant du Languedoc
Envoya des huguenots au fort en 1687.
Étienne Durand - Prisonnier protestant
Père de Marie Durand, détenus au début XVIIIe.
Jean Sagnes - Historien contemporain
Membre du comité de restauration du fort.
Origine et histoire
Le fort de Brescou, situé sur une île volcanique de 0,5 hectare au large d'Agde (Hérault), trouve ses origines en 1586 quand le vicomte de Joyeuse, Guillaume de Joyeuse, le fit construire pour empêcher les Espagnols d’utiliser ce point stratégique pendant les guerres de Religion. Agrandi en 1604-1605 puis en 1610, ce premier fort sommaire fut partiellement détruit en 1632 après la révolte du duc Henri II de Montmorency, mais les travaux cessèrent en 1634 avec le début de l’aménagement d’un port voisin. Le fort actuel, datant probablement du dernier quart du XVIIe siècle, est souvent attribué à Vauban ou à ses ingénieurs, bien que des aménagements ultérieurs, notamment par les troupes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale (1942-1944), aient modifié sa structure.
Épousant la forme irrégulière du rocher, le fort se compose de quatre bastions (Royal, Sainte-Anne, Saint-Antoine, Saint-André) reliés par des courtines, avec une entrée protégée par une demi-lune appelée Luneton de la Porte. À l’origine, les bâtiments intérieurs, aujourd’hui dissimulés, comprenaient un logis pour le gouverneur, une chapelle, des cachots, une boulangerie, et des logements pour la garnison et les prisonniers. Une grosse tour ronde, vestige des fortifications antérieures, supporte le phare moderne. Le fort servait à la fois de garnison militaire et de prison d’État, accueillant des huguenots après la révocation de l’édit de Nantes (1687), des protestants du Vivarais, ou encore des prisonniers algériens après 1843.
Le fort joua un rôle mineur sur le plan militaire, malgré sa position stratégique. Il était principalement utilisé pour surveiller les navires anglais et protéger les pêcheurs locaux, avec un poste de signaux actif de mai à septembre. La garnison, souvent composée d’invalides ou de miliciens, souffrait de conditions difficiles, tout comme les prisonniers, dont certains payaient leur propre pension. Les évasions, bien que risquées (1 500 m de nage jusqu’à la côte), étaient fréquentes, avec environ 25 tentatives recensées entre 1757 et 1773. Après 1889, le fort fut déclassé et attribué aux Ponts et Chaussées, avant d’être automatisé en 1989 pour son phare.
Aujourd’hui, le fort de Brescou, classé Monument Historique depuis 1996, est fermé au public en raison de son état de délabrement. Des travaux de restauration ont été entrepris depuis 1998, et le site a été sélectionné en 2019 pour le Loto du Patrimoine. L’île, réputée pour sa biodiversité marine (loups, daurades, murènes), attire plongeurs et radio-amateurs. Deux phares cohabitent sur l’île : un fanal du XVIe siècle et un phare moderne de 12 m construit en 1836, rehaussé en 1901, et automatisé depuis 1989.
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