Frise chronologique
1944 (6-7 septembre)
Libération de Besançon
Libération de Besançon
1944 (6-7 septembre) (≈ 7)
Prise du fort par les Américains.
1791-1797
Construction de la lunette d'Arçon
Construction de la lunette d'Arçon
1791-1797 (≈ 1794)
Première fortification sur la colline de Chaudanne.
1841-1845
Construction du fort actuel
Construction du fort actuel
1841-1845 (≈ 1843)
Remplace la lunette jugée insuffisante.
1887
Rebaptisé fort Baudrand
Rebaptisé fort Baudrand
1887 (≈ 1887)
Décret du général Boulanger, abrogé la même année.
1957
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville
1957 (≈ 1957)
Devenu propriété de Besançon.
1996 (30 mai)
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1996 (30 mai) (≈ 1996)
Inscription officielle du fort.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fort (cad. IP 2) : inscription par arrêté du 30 mai 1996
Personnages clés
| Léonce - Évêque du Ve siècle |
Mentionne un temple dédié à Diane. |
| Louis XIV - Roi de France |
Installe des batteries en 1674. |
| Général Boulanger - Ministre de la Guerre (1887) |
Rebaptise temporairement le fort. |
| George E. Stripp - Lieutenant américain (1944) |
Mène l’assaut lors de la Libération. |
Origine et histoire
Le fort de Chaudanne, aussi appelé fort Baudrand, est une fortification du XIXe siècle située sur la colline de Chaudanne, à 422 mètres d’altitude, dans le quartier de la Grette à Besançon. Il domine la citadelle de 60 mètres et se trouve à 900 mètres au sud du centre-ville. Son nom pourrait provenir du latin Caledenum (montagne à pic) ou de Campus Dianæ (champ de Diane), lié à un temple dédié à cette déesse mentionné par l’évêque Léonce au Ve siècle. Des dédicaces à Mercure et Apollon y ont également été découvertes.
La construction du fort débute avec des lunettes d’Arçon en 1791, dont celle de Chaudanne, achevée en 1797 et remaniée jusqu’en 1830. Jugée insuffisante, elle est remplacée entre 1841 et 1845 par le fort actuel, conçu pour défendre les positions sud-ouest de Besançon. En 1890, il est équipé de 4 canons de Bange de 90 mm. Le fort du Petit Chaudanne, une batterie annexe, est édifié entre 1851 et 1869 pour le renforcer. En 1887, le ministre de la Guerre, le général Boulanger, le rebaptise fort Baudrand, mais ce nom est abrogé la même année, bien que persistant dans l’usage.
Le fort est accessible par une piste muletière en lacets, aujourd’hui disparue, et présente une architecture pentagonale bastionnée avec des fossés sur trois côtés. Ses murs d’escarpe en maçonnerie contrastent avec la contrescarpe naturelle en roche. L’entrée, autrefois protégée par un pont-levis à la Poncelet et un corps de garde, donne sur une cour centrale où subsiste la tour-réduit de l’ancienne lunette. Trois galeries relient les postes de défense, et une caserne à l’épreuve (résistante aux bombes) peut abriter 100 à 130 hommes. Le site inclut aussi des plateformes d’artillerie, une citerne de 159 m3, et des cadrans solaires sur la caserne.
Le fort joue un rôle militaire marquant lors de trois événements : en 1674, lors du siège de Besançon par Louis XIV, où des batteries y sont installées pour bombarder la citadelle espagnole ; en 1814, quand les défenseurs de la lunette déjouent une attaque autrichienne en reconnaissant leur accent ; et en 1944, lors de la Libération, où le 7e régiment d’infanterie américain prend le fort aux Allemands après un assaut sanglant. Depuis 1957, il appartient à la ville de Besançon et est classé Monument Historique en 1996.
Aujourd’hui, le fort abrite le théâtre Alcyon dans sa caserne, un stand de tir dans le fossé ouest, et des locaux pour une association de radioamateurs. Son magasin à poudre externe, creusé sous roc, est accessible librement, contrairement à l’intérieur, visitable uniquement lors de visites guidées. Un monument aux morts commémore les soldats américains tombés en 1944 sur une esplanade dédiée à la 3e division d’infanterie US. Le site offre aussi un panorama sur la citadelle et le centre historique de Besançon.