Frise chronologique
1877-1882
Construction du fort
Construction du fort
1877-1882 (≈ 1880)
Édifié par Séré de Rivières après 1870.
1885
Première garnison
Première garnison
1885 (≈ 1885)
500 hommes du 67e régiment d'infanterie.
1887
Nomination fort Pille
Nomination fort Pille
1887 (≈ 1887)
Hommage au général Louis Antoine Pille.
1912
Déclassement militaire
Déclassement militaire
1912 (≈ 1912)
Devenu obsolète face à l'artillerie moderne.
1914-1918
Conflit pour le contrôle
Conflit pour le contrôle
1914-1918 (≈ 1916)
Disputé entre Français et Allemands.
1953
Accident mortel
Accident mortel
1953 (≈ 1953)
Trois victimes commémorées par une plaque.
1959
Rachat par Chivres-Val
Rachat par Chivres-Val
1959 (≈ 1959)
Transformé en carrière de pierres.
2001
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2001 (≈ 2001)
Inscrit à l’inventaire supplémentaire.
2003
Ouverture au public
Ouverture au public
2003 (≈ 2003)
Site culturel et touristique actuel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le fort (cad. Chivres-Val ZC 179 ; Condé-sur-Aisne ZB 82, 83, 99, 100) : inscription par arrêté du 9 juillet 2001
Personnages clés
| Général Séré de Rivières - Concepteur du système défensif |
A dirigé la construction entre 1877-1882. |
| Général Louis Antoine Pille - Hommage posthume |
Donne son nom au fort en 1887. |
| Gustave Rouxhet, Joseph Gronowski, Marceau Dagry - Victimes de l'accident de 1953 |
Morts commémorées sur le site. |
Origine et histoire
Le fort de Condé, aussi appelé fort Pille, est une fortification militaire édifiée entre 1877 et 1882 dans le cadre du système Séré de Rivières, second grand réseau de défense français après celui de Vauban. Situé sur les hauteurs entre les vallées de l’Aisne et de la Vesle, à la confluence des communes de Condé-sur-Aisne et Chivres-Val, il faisait partie du glacis protégeant Paris, en réponse à la défaite de 1870. D’une superficie de 17 hectares, il pouvait accueillir 658 hommes, avec des infrastructures comme une infirmerie, des écuries et des magasins à poudre.
Le fort, nommé en 1887 en hommage au général Louis Antoine Pille, devint rapidement obsolète en raison des progrès de l’artillerie. Déclassé en 1912, il servit de casernement avant d’être un enjeu stratégique pendant la Première Guerre mondiale, disputé entre Français et Allemands entre 1914 et 1918. Après le conflit, il fut utilisé comme centre de désobusage puis abandonné, avant d’être racheté en 1959 par la commune de Chivres-Val et partiellement détruit pour servir de carrière.
Depuis 1979, une association œuvre pour sa restauration, avec le soutien des collectivités locales. Classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 2001, le fort appartient désormais à la communauté de communes du Val de l’Aisne. Ouvert au public depuis 2003, il accueille des événements culturels et attire environ 12 000 visiteurs annuels. Une plaque commémore un accident mortel survenu en 1953, rappelant son histoire mouvementée.
Conçu par le général Séré de Rivières, ce fort illustre l’évolution des stratégies défensives françaises après 1870. Son architecture reflète les préoccupations militaires de l’époque, mêlant fonctionnalité (magasins, puits, ateliers) et positionnement stratégique. Malgré son obsolescence précoce, il joua un rôle clé lors de la Grande Guerre, témoignant des combats acharnés dans l’Aisne.
Aujourd’hui, le fort de Condé allie patrimoine historique et dynamisme culturel. Ses murs, marqués par les conflits, abritent désormais des spectacles, expositions et reconstitutions, tout en préservant la mémoire des soldats qui y ont servi. Son inscription aux Monuments Historiques et sa gestion communautaire en font un site emblématique des Hauts-de-France.