Frise chronologique
1899-1906
Construction par l’Allemagne
Construction par l’Allemagne
1899-1906 (≈ 1903)
Intégration à la *Moselstellung* entre Metz et Thionville
1909
Occupation par le 8e régiment d’artillerie
Occupation par le 8e régiment d’artillerie
1909 (≈ 1909)
Première garnison allemande permanente
1919
Prise de contrôle française
Prise de contrôle française
1919 (≈ 1919)
Intégration à la défense nationale après l’Armistice
années 1930
Intégration à la ligne Maginot
Intégration à la ligne Maginot
années 1930 (≈ 1930)
Renforcement du secteur fortifié de Thionville
1940-1944
Réutilisation par l’armée allemande
Réutilisation par l’armée allemande
1940-1944 (≈ 1942)
Dépôt militaire pendant l’Occupation
9 novembre 1944
Bombardements alliés ratés
Bombardements alliés ratés
9 novembre 1944 (≈ 1944)
Cible manquée lors des raids sur la Moselle
1971
Fin de l’usage militaire français
Fin de l’usage militaire français
1971 (≈ 1971)
Transfert à la ville de Thionville
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| État-major allemand (plan Schlieffen) - Stratèges militaires |
Concepteurs de la *Moselstellung* (1899) |
| 8e régiment d’artillerie à pied - Première garnison (1909-1913) |
Unité allemande affectée au fort |
| 16e régiment d’artillerie à pied - Dernière garnison allemande (1913-1919) |
Occupation jusqu’à l’Armistice |
| 25e régiment d’artillerie (25e RA) - Unité française (1945-1971) |
Dépôt de munitions post-Seconde Guerre |
Origine et histoire
Le fort de Guentrange, appelé Feste Obergentringen par les Allemands, fut érigé entre 1899 et 1906 pendant la première annexion allemande de l’Alsace-Moselle. Il faisait partie de la Moselstellung, un système de fortifications conçu pour bloquer une éventuelle offensive française visant à reprendre l’Alsace-Lorraine. Ce réseau, inspiré plus tard par la ligne Maginot, marquait une innovation par rapport aux systèmes français (Séré de Rivières) ou allemands antérieurs (forts von Biehler). Le fort était équipé de batteries cuirassées (canons de 100 mm), d’une caserne centrale à trois niveaux et de 3 km de galeries souterraines.
Avec les forts d’Illange et de Kœnigsmacker, Guentrange protégeait Thionville contre une attaque venue de l’ouest. Pendant la Première Guerre mondiale, éloigné du front, il ne subit aucun assaut. Occupé par l’armée française en 1919, il fut intégré au secteur fortifié de Thionville dans les années 1930, dans le cadre de la ligne Maginot. Réutilisé comme dépôt de munitions par les Allemands (1940-1944) puis par les Français jusqu’en 1971, il est aujourd’hui géré par une association locale et ouvert aux visites.
Le 9 novembre 1944, le fort échappa aux bombardements alliés visant les fortifications de la région. Les 1 299 bombardiers B-17 et B-24, larguant 3 753 tonnes de bombes à haute altitude, manquèrent largement leurs cibles en Moselle, illustrant l’inefficacité des raids aériens massifs contre des ouvrages fortifiés. Après 1945, le fort servit encore de dépôt pour le 25e régiment d’artillerie française avant d’être cédé à la ville de Thionville.
Architecturalement, le fort se distingue par sa façade sobre, typique des constructions militaires allemandes de l’époque. Conçu pour abriter jusqu’à 2 000 hommes (3-4 compagnies d’infanterie), il combinait des éléments défensifs modernes (cuirassements, galeries) et une organisation logistique centralisée. Son rôle dans la Moselstellung reflétait la stratégie allemande de verrouillage de la vallée de la Moselle, entre Metz et Thionville, pour contrer une avancée française.
Aujourd’hui, le fort de Guentrange est un témoignage de l’histoire militaire franco-allemande, marqué par les conflits du XXe siècle. Sa préservation par l’Amicale du Groupe Fortifié de Guentrange permet de découvrir ce patrimoine souterrain et les enjeux géopolitiques de l’Alsace-Moselle, entre annexions, guerres mondiales et réappropriation française.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site du Fort ci-dessus.