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Fort de la Bastille à Grenoble dans l'Isère

Patrimoine classé Patrimoine militaire Fort Fortification de Vauban
38100 Grenoble, 51 Chemin de la Bastille

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1592
Construction de la première bastille
1692
Critique de Vauban
1815
Grenoble redevient frontalière
1824-1847
Construction du fort actuel
1860
Annexion de la Savoie
1934
Inauguration du téléphérique
1989
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

François de Bonne de Lesdiguières - Gouverneur de Grenoble Constructeur de la première bastille (1592).
Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire Critique des fortifications en 1692.
Général François Nicolas Benoît Haxo - Ingénieur et général Dirige la construction du fort (1824-1847).
Colonel Guèze - Chef du Génie Acheva les travaux du fort en 1847.
Pierre Terrail de Bayard - Lieutenant général du Dauphiné Projet d’extension des remparts (1515, non réalisé).
Jean de Beins - Géographe et ingénieur royal Cartographie les défenses de Grenoble (début XVIIe).

Origine et histoire du Fort de la Bastille

Le fort de la Bastille, situé à Grenoble en Auvergne-Rhône-Alpes, est un édifice militaire construit au début du XIXe siècle pour remplacer une fortification du XVIe siècle. Culminant à 476 mètres sur les contreforts du massif de la Chartreuse, il surplombe la ville de 264 mètres. Son emplacement stratégique permet de contrôler les vallées de l’Isère et du Drac, tout en étant protégé par des falaises abruptes. Le site est aujourd’hui le premier lieu touristique de l’agglomération grenobloise, attirant 600 000 visiteurs annuels.

La première fortification, construite en 1592 par Lesdiguières, gouverneur de Grenoble, était une bastille entourée d’un mur de 1,30 mètre d’épaisseur. Ce fortin, conçu pour surveiller les approches savoyardes, fut jugé insuffisant par Vauban en 1692, qui le qualifia de « colifichet fermé, sans art ni raison ». Malgré ses critiques, peu d’améliorations furent réalisées avant le XIXe siècle.

En 1815, après le traité de Paris, Grenoble redevint une ville frontalière face au royaume de Piémont-Sardaigne. Louis XVIII ordonna alors le renforcement de ses défenses. Le général Haxo dirige les travaux de 1824 à 1847, transformant l’ancienne bastille en un fort moderne doté de casemates, de bastions et d’un donjon rectiligne à trois étages. Les pierres, extraites des carrières de la porte de France, furent hissées à dos de mulets sur des pentes escarpées. Le fort fut conçu pour résister aux attaques venues de la Chartreuse, avec des tirs croisés et des cavernes-batteries creusées dans la falaise.

Le fort de la Bastille ne fut jamais utilisé en temps de guerre. Dès 1860, l’annexion de la Savoie par la France éloigna la menace frontalière, et l’évolution de l’artillerie rendit l’ouvrage obsolète. Au XXe siècle, une partie des casernes fut transformée en restaurant (1934), et le téléphérique de Grenoble, inauguré la même année, devint un symbole de la ville. Aujourd’hui, le site abrite des musées, des expositions, et des activités touristiques comme des tyroliennes et des parcours acrobatiques.

La colline de la Bastille, classée zone naturelle d’intérêt écologique, offre un point de vue unique sur les massifs alpins (Vercors, Chartreuse, Belledonne) et, par temps clair, sur le mont Blanc. Le jardin des Dauphins, aménagé au pied de la colline, et le mémorial national des troupes de montagne, situé sur le mont Jalla, complètent ce patrimoine historique et naturel. Le fort, inscrit aux monuments historiques depuis 1989, reste un témoignage majeur de l’architecture militaire du XIXe siècle.

La route d’accès au fort, l’une des plus pentues de France (jusqu’à 30 % de dénivelé), attire cyclistes et sportifs. Chaque année, des événements comme la course pédestre « Montée de la Bastille » ou la « Prise de la Bastille » à vélo animent le site. Les grottes de Mandrin, creusées en 1844 pour des tirs de revers, et les vestiges des fortifications de Lesdiguières rappellent l’évolution stratégique du lieu à travers les siècles.

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