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Fort de la Grosse-Tour, dit aussi Tour Royale à Toulon dans le Var

Patrimoine classé Patrimoine défensif Tour

Fort de la Grosse-Tour, dit aussi Tour Royale

  • Avenue de la Tour Royale
  • 83200 Toulon
Fort de la Grosse-Tour, dit aussi Tour Royale
Fort de la Grosse-Tour, dit aussi Tour Royale
Fort de la Grosse-Tour, dit aussi Tour Royale
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Fort de la Grosse-Tour, dit aussi Tour Royale
Fort de la Grosse-Tour, dit aussi Tour Royale
Fort de la Grosse-Tour, dit aussi Tour Royale
Fort de la Grosse-Tour, dit aussi Tour Royale
Crédit photo : SiefkinDR - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
575 Avenue de la Tour Royale 83000 Toulon

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1514
Début de la construction
1524
Achèvement et reddition
1536
Résistance à Charles Quint
1543
Hivernage de la flotte ottomane
1679-1701
Mémoires de Vauban
1841
Réforme des batteries
1947
Classement Monument Historique
2006
Acquisition par Toulon
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le fort : classement par arrêté du 11 avril 1947

Personnages clés

Louis XII - Roi de France Commanditaire de la tour en 1514.
Giovanni Antonio della Porta - Ingénieur-architecte italien Conçoit et dirige la construction.
Jehan du Mottet - Commandant de la tour Livre la tour aux impériaux en 1524.
François Ier - Roi de France Réarme la tour après 1524.
Vauban - Ingénieur militaire Propose des aménagements aux XVIIe-XVIIIe siècles.
François Gombert - Ingénieur toulonnais Ajoute des batteries basses en 1672-1673.

Origine et histoire de la Tour royale

La Tour Royale, aussi appelée Grosse Tour, est une fortification circulaire édifiée à Toulon entre 1514 et 1524 sur ordre de Louis XII. Conçue par l’ingénieur italien Giovanni Antonio della Porta, elle marque l’entrée de la rade pour en contrôler l’accès. Son architecture Renaissance, inspirée des torrioni italiens, combine une esthétique maniériste (bossages rustiques, encadrements de canonnières) et une innovation défensive : deux niveaux de casemates superposées permettant de tirer à la fois sur les coques et les mâts des navires ennemis. La tour, de 60 mètres de diamètre avec des murs de 7 mètres d’épaisseur, intègre un noyau central voûté, des citernes, et un pont-levis.

Financée majoritairement par la couronne (30 000 florins), la Grosse Tour est livrée dès 1524 par son commandant Jehan du Mottet aux impériaux de Charles Quint pour 500 écus. Réarmée par François Ier, elle résiste à la flotte de Charles Quint en 1536 et abrite l’artillerie toulonnaise lors de l’hivernage de la flotte ottomane en 1543. Au fil des siècles, son rôle évolue : prison sous la Révolution (où croupissent paolistes et révolutionnaires), entrepôt militaire, et caserne pendant les guerres mondiales. Vauban, dans ses mémoires de 1679 et 1701, la qualifie de « très belle pièce » mais inachevée, proposant des aménagements partiellement réalisés (donjon, chemin de ronde).

Classée Monument Historique en 1947 après les dommages de la Seconde Guerre mondiale, la tour est restaurée et ouverte au public en 2006 par la ville de Toulon. Elle abrite aujourd’hui une annexe du musée national de la Marine. Son parc paysager adjacent, aménagé sur d’anciens terrains militaires, accueille un mémorial des sous-mariniers et le bathyscaphe FNRS III. Symbole de la défense de la rade, elle précède les forts Balaguier et Lamalgue, qui compléteront son système défensif aux XVIIe et XVIIIe siècles.

La conception de la Grosse Tour reflète les influences de la Renaissance italienne, avec une géométrie savante et des voûtes rayonnantes en cul-de-four. Son architecte, Della Porta, membre d’une dynastie milanaise, y intègre des escaliers en berceau rampant et des casemates alvéolées, innovantes pour l’époque. Malgré son obsolescence progressive face aux forts bastionnés, elle reste un témoignage unique de l’art militaire de la transition Moyen Âge-Renaissance en Provence.

Les archives révèlent que le chantier, lancé en 1514, emploie jusqu’à 200 ouvriers et connaît des accélérations après 1517, avec un coût total estimé à 38 000 livres. La tour, utilisée comme arsenal, est assiégée dès 1524 lors de la campagne de Charles de Bourbon. Au XVIIe siècle, des batteries basses sont ajoutées par l’ingénieur Gombert, mais Vauban critique leur efficacité. En 1841, ses canons sont modernisés, et en 1907, sa plate-forme haute est équipée de pièces de 47 mm, supprimées en 1909.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, occupée par les Allemands, la tour subit des bombardements en 1943-1944. Restaurée après 1947, elle perd son corps de caserne détruit. En 1951, elle devient une annexe du musée de la Marine, avant d’être acquise par Toulon en 2006. Son parc, créé sur d’anciens terrains militaires, offre une promenade en bord de mer et rend hommage aux sous-mariniers, avec un mémorial érigé en 2009.

Liens externes

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