Frise chronologique
1340-1370
Construction du château
Construction du château
1340-1370 (≈ 1355)
Donjon et fortifications érigés par Étienne III Gouyon.
1379
Siège par Du Guesclin
Siège par Du Guesclin
1379 (≈ 1379)
Attaque lors du retour du duc Jean IV.
1597
Prise pendant les guerres de Religion
Prise pendant les guerres de Religion
1597 (≈ 1597)
Incendie partiel et abandon temporaire.
XVIIe siècle
Transformation en bastion
Transformation en bastion
XVIIe siècle (≈ 1750)
Modernisation sous Louis XIV pour usage militaire.
1931
Début des restaurations
Début des restaurations
1931 (≈ 1931)
Rachat par Frédéric Joüon des Longrais.
1925 et 1934
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1925 et 1934 (≈ 1934)
Protection du fort et de ses abords.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fort : classement par décret du 11 août 1925 ; Terrains avoisinant le fort, pour leur partie délimitée par l'enclos (cad. B 161, 163 à 169, 171, 172, 174, 175, 151p, 152p, 155p, 157p, 162p, 182p, 183p) : classement par arrêté du 28 février 1934
Personnages clés
| Étienne III Gouyon - Seigneur de Matignon |
Commanditaire du château au XIVe siècle. |
| Bertrand Du Guesclin - Connétable de France |
Assiégea le fort en 1379. |
| Louis XIV - Roi de France |
Fit moderniser le fort au XVIIe siècle. |
| Frédéric Joüon des Longrais - Propriétaire-restaurateur |
Sauvegarde le fort à partir de 1931. |
| Albert II de Monaco - Prince de Monaco |
Descendant des Goyon-Matignon, visiteur en 2012 et 2025. |
Origine et histoire
Le Fort de la Latte, ou château de la Roche Goyon, est un édifice militaire emblématique construit au XIVe siècle par Étienne III Gouyon, seigneur de Matignon. Implanté sur un cap rocheux près du cap Fréhel, il domine la baie de Saint-Malo et la Manche. Son emplacement stratégique, naturellement protégé par des falaises, en faisait un point de contrôle des voies commerciales entre Saint-Malo, la Normandie et les îles Anglo-Normandes. Les matériaux locaux (granit, grès des falaises, bois des forêts médiévales) ont facilité sa construction, tandis que sa position isolée le rendait quasi inaccessible par la mer.
Le château fut le théâtre d’événements marquants : assiégé en 1379 par Bertrand Du Guesclin lors du retour d’exil du duc Jean IV, puis repris et partiellement incendié en 1597 pendant les guerres de Religion. Abandonné après cet épisode, il retrouva son importance stratégique sous Louis XIV, qui le fit bastionner au XVIIe siècle. Colbert de Croissy le décrivait en 1665 comme un château en ruine, composé de quatre tours et un donjon central, inhabité hormis un concierge. La famille Gouyon de Matignon, propriétaire, le céda à l’État en 1689.
Classé Monument Historique en 1925 et 1934, le fort fut restauré à partir de 1931 par Frédéric Joüon des Longrais, qui redonna vie à ses éléments défensifs : ponts-levis, barbacane, donjon à mâchicoulis, et batteries de canons. Les fouilles archéologiques ont révélé des vestiges médiévaux enfouis, comme une tour de garde sous huit mètres de remblais. Le site, ouvert au public, abrite aujourd’hui une chapelle du XVIIe siècle, une citerne de 20 000 litres, et des traces des assauts passés, comme les impacts de boulets sur le donjon.
Le Fort de la Latte a aussi servi de décor à des films et séries, tout en restant un symbole des liens entre la Bretagne et la principauté de Monaco : la famille Goyon-Matignon, originaire du château, est en effet ancêtre de la famille princière. En 2012 et 2025, le prince Albert II de Monaco y effectua des visites privées, célébrant ce patrimoine commun. Le site conserve des éléments uniques, comme un tétramorphe sculpté (ange, lion, aigle, bœuf) ou un menhir légendaire associé à Gargantua.
L’électricité n’y fut installée qu’en 2001, soulignant son isolement préservé. Aujourd’hui, le fort allie histoire militaire, architecture médiévale et paysages spectaculaires, attirant les visiteurs pour ses pont-levis reconstitués, son four à boulets, et ses légendes, comme celle du pont-levis factice destiné à piéger les navires ennemis.