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Frise chronologique
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1882
Adhésion italienne à la Triplice
Adhésion italienne à la Triplice 1882 (≈ 1882)
Déclenche la modernisation des fortifications alpines.
1893-1896
Construction du fort
Construction du fort 1893-1896 (≈ 1895)
Période de réalisation du Fort 2000.
1913-1914
Renforcement des batteries
Renforcement des batteries 1913-1914 (≈ 1914)
Ajout de quatre batteries sur la rive gauche.
Années 1960
Vente à des particuliers
Vente à des particuliers Années 1960 (≈ 1960)
Fin de l’usage militaire du fort.
3 juillet 2024
Classement Monument historique
Classement Monument historique 3 juillet 2024 (≈ 2024)
Inscription totale du fort et de sa parcelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le Fort de la Platte (Fort 2000) en totalité, incluant le bâti et la parcelle n° 1130, figurant au cadastre section D : inscription par arrêté du 3 juillet 2024
Personnages clés
General Raymond Adolphe Séré de Rivières - Ingénieur militaire
Concept du système défensif éponyme.
Origine et histoire
Le blockhaus de la Platte, surnommé « Fort 2000 » en raison de son altitude, fut construit entre 1893 et 1896 dans le cadre du système défensif Séré de Rivières. Il s’inscrit dans une stratégie de fortification alpine visant à contrer la menace italienne après l’adhésion du royaume d’Italie à la Triplice en 1882. Ce fort, de forme triangulaire avec quatre bastionnets, abritait quatre canons de 80 mm et une garnison d’une centaine d’hommes. Il servait à protéger les ouvrages inférieurs (batterie de Vulmix et fort du Truc) et à verrouiller l’accès au col du Petit-Saint-Bernard.
Conçu comme un ouvrage de surveillance de « deuxième génération » du système Séré de Rivières, le fort combine des éléments traditionnels (blockhaus central, mur d’enceinte) et des innovations (grilles pour évacuer la fonte des neiges, plates-formes d’artillerie bétonnées). Son dispositif défensif inclut un réduit arrondi, des meurtrières et un système d’assommoir au-dessus de l’entrée. Pendant l’entre-deux-guerres, il fut intégré au secteur fortifié de la Savoie dans la ligne Maginot, servant d’observatoire et de point d’appui.
Après la Seconde Guerre mondiale, le fort perdit son usage militaire et devint propriété privée dans les années 1960. Transformé en fromagerie (produisant du beaufort et un fromage de chèvre nommé « fortin »), il abrite aujourd’hui un rucher de haute altitude. Classé Monument historique en juillet 2024, il est partiellement accessible lors des Journées du Patrimoine, sous réservation. Sa restauration en cours met en valeur son architecture hybride, entre fortification traditionnelle et adaptations montagnardes.
Le fort s’intègre dans un réseau défensif plus large en Tarentaise, incluant la batterie de Vulmix (1 050 m), le fort du Truc (1 551 m), et le fort de la Redoute Ruinée, tous destinés à contrôler la route du col du Petit-Saint-Bernard et la vallée d’Aoste. Sur la rive gauche de l’Isère, quatre batteries (Courbaton, Leuchelet, Les Têtes) complétaient le dispositif en 1913-1914, armées de canons de 120 mm pour couvrir les ravins et les accès secondaires.
L’édifice illustre l’évolution des fortifications alpines françaises à la fin du XIXe siècle, marquée par l’adoption du béton, l’étagement des défenses (valley/interdiction/surveillance), et l’adaptation aux contraintes montagnardes. Malgré sa modernité relative, il ne joua qu’un rôle mineur lors des conflits ultérieurs, en raison de son isolement et de l’évolution des stratégies militaires. Son architecture, inspirée des forts polygonaux, en fait un témoignage rare des transitions entre les générations de fortifications Séré de Rivières.
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