Frise chronologique
1746
Pillage anglais de Quiberon
Pillage anglais de Quiberon
1746 (≈ 1746)
Déclenche la construction du fort en 1747.
1747
Début de la construction
Début de la construction
1747 (≈ 1747)
Ordonnée par le duc de Penthièvre.
1795
Siège et prise par les royalistes
Siège et prise par les royalistes
1795 (≈ 1795)
Repris par Hoche le 20 juillet.
1800-1850
Modernisation du XIXe siècle
Modernisation du XIXe siècle
1800-1850 (≈ 1825)
Fossés, casemates et caserne défensive ajoutés.
1917
Prison de la Première Guerre mondiale
Prison de la Première Guerre mondiale
1917 (≈ 1917)
Détenu des soldats allemands.
23 juin 1933
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
23 juin 1933 (≈ 1933)
Inscrit à l'inventaire supplémentaire.
13 juillet 1944
Exécution de 50 résistants
Exécution de 50 résistants
13 juillet 1944 (≈ 1944)
Par des soldats Vlassov sous commandement allemand.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fort de Penthièvre (cad. AE 1, 2, 6, 7) : inscription par arrêté du 23 juin 1933
Personnages clés
| Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre - Gouverneur de Bretagne |
Commanditaire du fort en 1747. |
| Général Lazare Hoche - Commandant républicain |
Reprit le fort aux royalistes en 1795. |
| Lieutenant Wassilenko - Officier de l'armée Vlassov |
Dirigea l'exécution des résistants en 1944. |
| Jérôme Fraboulet - Résistant torturé |
Symbole de la résistance locale. |
Origine et histoire
Le fort de Penthièvre fut construit en 1747 sur ordre du duc de Penthièvre, gouverneur de Bretagne, après le pillage de Quiberon par les Anglais en 1746. Situé à l'entrée de la presqu'île, il visait à renforcer les défenses côtières sud-bretonnes, incluant le Fort-Bloqué et le fort Cigogne. Son emplacement sur l'isthme étroit de La Palice en faisait un point clé pour contrôler l'accès terrestre.
En 1795, pendant la Révolution, le fort — renommé fort Sans-Culotte — fut assiégé par des royalistes débarqués avec les Anglais. Après quatre jours de siège, faute de vivres, 400 des 700 défenseurs rejoignirent l'armée catholique et royale. Repris par le général Hoche, il fut modernisé sous le Consulat et l'Empire, adoptant des éléments inspirés de Vauban, comme un fossé profond et des casemates.
Au XIXe siècle, le fort évolua avec des aménagements continus (magasins à poudre, emplacements de tir) et servit de prison pendant la Première Guerre mondiale pour des soldats allemands. Durant la Seconde Guerre mondiale, intégré au Mur de l'Atlantique par les Allemands, il devint un lieu de détention et d'exécutions : 59 résistants y furent fusillés en 1944, dont 50 le 13 juillet. Une crypte et un monument commémorent aujourd'hui ces victimes.
Classé Monument Historique en 1933, le fort conserve des traces de ses phases successives : bastion du XVIIIe siècle (magasin à poudre original), modifications du XIXe (casernes, fossés), et ajouts allemands. Depuis 1969, il abrite un centre d'entraînement du 3e régiment d'infanterie de marine de Vannes, tout en restant un symbole des luttes pour la liberté en Bretagne.
Son architecture mêle escarpes en pierres sèches, casemates du XIXe siècle, et ouvrages bétonnés de 1940. La redoute voisine, séparée par la voie ferrée, et les retranchements du camp retranché (aujourd'hui effacés) témoignent de son rôle défensif historique. Le site allie patrimoine militaire et mémoire résistante, avec des vestiges comme la galerie-mines où furent enterrés les résistants.