Fort de Querqueville, ouvrage constitutif de la rade de Cherbourg
Fort de Querqueville, ouvrage constitutif de la rade de Cherbourg dans la Manche
Fort de Querqueville, ouvrage constitutif de la rade de Cherbourg
50460 Cherbourg-en-Cotentin
Crédit photo : Institut géographique national (IGN), BD-ORTHO - Sous licence Creative Commons
Propriété privée ; propriété de la commune ; propriété de l’État
Frise chronologique
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1786
Décision de construction
Décision de construction 1786 (≈ 1786)
La construction du fort est décidée cette année-là.
1787
Début des travaux
Début des travaux 1787 (≈ 1787)
Commencement de la construction du fort.
1795
Achèvement partiel
Achèvement partiel 1795 (≈ 1795)
Seul l'hémicycle à 53 casemates est achevé.
1850
Réalisation de l'enceinte
Réalisation de l'enceinte 1850 (≈ 1850)
L'enceinte du fort est finalement réalisée.
1940
Occupation allemande
Occupation allemande 1940 (≈ 1940)
Les Allemands renforcent l'armement du fort.
2013
Vente aux privés
Vente aux privés 2013 (≈ 2013)
Le fort est vendu à des investisseurs privés.
2017
Nouvelle adjudication
Nouvelle adjudication 2017 (≈ 2017)
Le fort est adjugé à un acquéreur privé.
2021
Inscription historique
Inscription historique 2021 (≈ 2021)
Le fort est inscrit aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le fort de Querqueville, en totalité, y compris le fossé sud et son mur de contrescarpe, au droit de l'enveloppe extérieure et à l'exclusion des enrochements adjacents, tel que délimité sur le plan annexé à l’arrêté, situé sur les parcelles 416 AB 1 (Fort - Querqueville), 416 AB 87 (aérodrome militaire), 416 AB 98 (Fort – Querqueville), 416 AB 110 (aérodrome militaire) : inscription par arrêté du 15 juillet 2021 ; Le fort de Querqueville, en totalité, y compris son ouvrage d'accès, le mur de contrescarpe du fossé sud, au droit de l'enveloppe extérieure, et à l'exclusion des enrochements et des rochers adjacents, situé rue du port de Querqueville, sur les parcelles n° 416 AB 01, n° 416 AB 87, n° 416 AB 92, n° 416 AB 98, n° 416 AB 110, figurant au cadastre section 416 AB, et sur une parcelle non cadastrée, figurant à la section 416 AB du cadastre de la commune, tel que colorié en violet sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 10 juin 2025
Personnages clés
Ingénieur de Caux
Ingénieur ayant proposé une structure pour le fort.
Comte Gilbert de Chavagnac
Comte ayant mené des sondages en 1788.
Origine et histoire
Le fort de Querqueville, édifié au couchant du musoir ouest de la digue, fait partie intégrante du système de défense de la rade de Cherbourg. Sa construction, décidée en 1786 et commencée en 1787, a coûté environ 3 000 000 de francs. Conçu pour défendre la passe ouest, il devait former un élément majeur de la ligne de feu de la rade. L'ingénieur de Caux avait proposé d'après 1784 une structure à trois étages de feux inspirée des théories de Montalembert, mais l'ouvrage se limita finalement à une batterie semi-circulaire voûtée et casematée, conçue pour recevoir 53 canons, surmontée d'une plate-forme ouverte destinée aux mortiers. Seul l'hémicycle à 53 casemates fut achevé en 1795, chaque emplacement devant accueillir un canon tirant des boulets de 48 livres ; un four à boulets prévu semble n'avoir jamais été construit. En 1788, des sondages menés par le comte Gilbert de Chavagnac révélèrent des hauts-fonds qui entraînèrent le déplacement d'environ un kilomètre de la passe initialement projetée, mettant le fort hors de la portée optimale des pièces d'artillerie et compromettant son achèvement. Sous l'Empire, la gorge du fort fut fermée par une caserne en granit rose et schiste, mais l'ouvrage ne fut pas modernisé après les progrès de l'artillerie constatés à partir de 1858, au profit du fort Chavagnac. L'enceinte ne fut réalisée qu'après 1850 et seules les ailes latérales furent armées, accueillant deux batteries de côte de gros calibre. Pendant l'Occupation, les Allemands utilisèrent le fort et en renforcèrent l'armement, notamment avec des pièces automatiques couvrant l'anse d'Urville ; une tourelle de char Renault R35 installée en 1940 à l'extrémité de l'aile ouest demeure l'un des rares vestiges de ce type encore en place. La Marine nationale conserva la propriété jusqu'en 2013 ; l'ouvrage, en raison de son obsolescence, échappa au bétonnage et au vandalisme. En septembre 2013 le fort et six hectares de terrain furent vendus à deux investisseurs privés pour 50 000 €, la ville ne faisant pas jouer son droit de préemption, puis le projet de réhabilitation annoncé fut abandonné à l'été 2015. Le tribunal de grande instance d'Évreux adjugea ensuite le fort le 15 mai 2017 pour 500 000 € à un acquéreur privé qui envisageait d'y ouvrir un hôtel. En juillet 2018 le site accueillit le premier Festival des continents, réunissant conférences, concerts et animations. Le fort de Querqueville a été inscrit aux monuments historiques par arrêté du 15 juillet 2021.