Frise chronologique
1713
Échange territorial
Échange territorial
1713 (≈ 1713)
La vallée de l'Ubaye passe de la Savoie à la France.
1843-1865
Construction initiale
Construction initiale
1843-1865 (≈ 1854)
Dirigée par le général Haxo sous la monarchie de Juillet.
1874
Renforcement
Renforcement
1874 (≈ 1874)
Ajout de la batterie des Caures.
1890
Occupation permanente
Occupation permanente
1890 (≈ 1890)
Fort occupé toute l'année, non plus saisonnièrement.
1940
Intégration à la ligne Maginot
Intégration à la ligne Maginot
1940 (≈ 1940)
Secteur fortifié du Dauphiné.
1943-1945
Occupation allemande
Occupation allemande
1943-1945 (≈ 1944)
Libéré en 1945, reste militaire jusqu'en 1948.
1987
Démilitarisation
Démilitarisation
1987 (≈ 1987)
Fin de son usage comme dépôt de munitions.
2016
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2016 (≈ 2016)
Protection totale du site et de ses ouvrages.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le fort en totalité, comprenant tous les ouvrages en élévation ou souterrains, les parties maçonnées ou creusées dans le roc, ainsi que l'ensemble des terrasses et des rampes tels que délimités en bleu sur le plan annexé à l'arrêté (cad. La Condamine-Châtelard A 129 ; Saint-Paul-sur-Ubaye J 1025) : inscription par arrêté du 28 juin 2016
Personnages clés
| François Nicolas Benoît Haxo - Général et ingénieur militaire |
Concepteur initial du fort sous la monarchie de Juillet. |
| François Ier - Roi de France |
Emprunta le col de Larche en 1515 pour Marignan. |
| Séré de Rivières - Général et théoricien militaire |
Contribua aux renforcements ultérieurs du fort. |
Origine et histoire
Le fort de Tournoux est un ensemble défensif monumental construit entre 1843 et 1865 sous la direction du général Haxo, sous la monarchie de Juillet, pour sécuriser la haute vallée de l'Ubaye contre les invasions italiennes. Situé à 2 000 mètres d'altitude, il se compose de trois forts superposés (batterie XII, fort moyen, fort supérieur) reliés par des escaliers et galeries, ainsi qu'une caserne au pied de la falaise. Son architecture spectaculaire, creusée en partie dans la roche, lui vaut des surnoms comme le « Versailles militaire du XIXe siècle » ou la « Grande Muraille ubayenne ».
La position stratégique du fort contrôle les vallées de l'Ubaye et de l'Ubayette, voies historiques vers l'Italie via des cols comme Larche (1 991 m), Longet ou Mary. Ces passages furent empruntés dès 1515 par François Ier pour sa campagne de Marignan, soulignant l'importance militaire durable de la région. Le site fut choisi pour verrouiller cet axe après l'échange de la vallée entre la Savoie et la France en 1713.
Le fort connut des renforcements successifs : batterie des Caures (1880), fortin de Serre-de-l'Aut (1890), et intégration à la ligne Maginot en 1940. Occupé par les Allemands en 1943, libéré en 1945, il servit ensuite de dépôt de munitions jusqu'en 1987. Aujourd'hui démilitarisé, il est partiellement ouvert au public et fait l'objet de projets de valorisation culturelle et touristique, soutenu par la Mission Bern.
Son architecture combine ouvrages en élévation et galeries souterraines, avec des innovations techniques comme des monte-charges et des escaliers troglodytiques. La caserne Pellegrin, détruite en 2008, et la caserne Caron (transformée en centre militaire en 1964) témoignent de son évolution. Le fort, classé Monument Historique en 2016, est désormais géré par la communauté de communes Vallée de l'Ubaye Serre-Ponçon.
Le dispositif était complété par un réseau d'ouvrages en communication optique (batterie de Viraysse, fort de Vallon Clos, etc.), illustrant son rôle central dans la défense alpine. Son histoire reflète les adaptations militaires aux progrès technologiques, de l'artillerie rayée aux télécommunications, en passant par son occupation permanente à partir de 1890.
Symbole du génie militaire français, le fort de Tournoux incarne aussi les défis logistiques de la montagne : 700 mètres de dénivelé, constructions sur falaises, et résistance aux conditions climatiques. Son abandon progressif après 1948 et sa réappropriation civile en font un témoignage unique de l'histoire stratégique des Alpes.