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Fort des Flamands, ouvrage constitutif de la rade de Cherbourg dans la Manche

Fort des Flamands, ouvrage constitutif de la rade de Cherbourg

    400 Rue du Fort des Flamands
    50110 Cherbourg-en-Cotentin
Propriété d’un établissement public intercommunal ; propriété de la commune
Crédit photo : Ikmo-ned - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1841
Décision de construction
1847
Approbation des plans
1844-1858
Construction du fort
1923-1927
Construction de la digue
2007
Rétrocession à Cherbourg
2021
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le fort des Flamands, au droit de l’enveloppe extérieure, situé sur la parcelle n°602 BN 37 : inscription par arrêté du 15 juillet 2021

Personnages clés

Louis-Alexandre de Cessart - Ingénieur A travaillé sur la rade.
Pierre-Jean de Caux de Blacquetot - Chef du génie Conseiller pour les défenses.
La Bretonnière - Ingénieur A préconisé la digue longue.
Joseph Cachin - Ingénieur A supervisé les travaux.
Charles Maurice Cabart-Danneville - Ingénieur Percement de la digue Est.

Origine et histoire

Le fort des Flamands, situé sur le littoral de Tourlaville au sud de l'île Pelée, tire son nom d'une ancienne colonie de Brabançons, appelés « Flamands », qui y faisaient du commerce. Ce lieu, autrefois nommé Fief-aux-Flamands, a été choisi en 1841 pour renforcer la défense de la passe sud de la rade de Cherbourg, jugée insuffisamment protégée par le fort de l'île Pelée. Les plans, approuvés en 1847, prévoient également un dépôt de poudre pour la Marine.

La construction du fort, débutée en 1844 et achevée en 1858, a coûté environ 3 millions de francs. Édifié en granite de Fermanville et en schiste du Becquet, il adopte une forme trapézoïdale avec une enveloppe fortifiée de 53 casemates reliées par une galerie. Au centre, des magasins à poudre sont érigés, et un port de refuge dessert l'ouvrage au sud-est. Conçu comme une lunette bastionnée, il peut accueillir jusqu’à 30 bouches à feu.

Entre 1923 et 1927, la digue des Flamands est construite devant le fort, le reliant au continent. Dans les années 1970, le terre-plein des Mielles achève de supprimer son caractère insulaire. Rétrocédé par la Marine au port autonome de Cherbourg en 2007, le fort est aujourd’hui dans un état médiocre : ses magasins à poudre ont en grande partie disparu, et la moitié de sa gorge a été détruite. Il a été inscrit aux monuments historiques en juillet 2021.

Le fort s’inscrit dans l’histoire plus large de la rade de Cherbourg, dont la construction, lancée en 1783 sous Louis XVI, s’est étalée sur plus d’un siècle. La digue centrale, achevée en 1853, et les digues Est et Ouest, terminées en 1895, ont fait de ce site la deuxième plus grande rade artificielle du monde. Le fort des Flamands, bien que moins emblématique que d’autres ouvrages comme celui de l’île Pelée ou de Querqueville, a joué un rôle clé dans la défense côtière normande au XIXe siècle.

La rade, conçue pour abriter jusqu’à 80 navires de guerre, a été un enjeu stratégique majeur, notamment pendant les conflits avec l’Angleterre. Les travaux, interrompus à plusieurs reprises (notamment pendant la Révolution et sous le Premier Empire), ont finalement abouti sous Napoléon III. Les forts environnants, comme celui de Chavagnac ou du Homet, complétaient ce dispositif défensif, illustrant l’évolution des techniques militaires et l’adaptation aux progrès de l’artillerie.

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