Frise chronologique
1689
Passage de Vauban
Passage de Vauban
1689 (≈ 1689)
Reconnaît l’importance stratégique du site.
1692
Construction initiale
Construction initiale
1692 (≈ 1692)
Première batterie édifiée sur la pointe.
1747
Armement enregistré
Armement enregistré
1747 (≈ 1747)
Canons de 36, 24 et 12 livres installés.
1841
Commission d’armement
Commission d’armement
1841 (≈ 1841)
Conserve la batterie pour défendre les Grands Sables.
1858-1859
Modernisation du fort
Modernisation du fort
1858-1859 (≈ 1859)
Construction batterie haute et corps de garde.
1889
Déclassement militaire
Déclassement militaire
1889 (≈ 1889)
Vente aux Domaines en 1890-1891.
1939-1945
Occupation allemande
Occupation allemande
1939-1945 (≈ 1942)
Poste de surveillance côtière pendant la guerre.
30 octobre 2000
Classement MH
Classement MH
30 octobre 2000 (≈ 2000)
Inscription au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fort constitué d'une ancienne batterie XVIIIe siècle et d'un corps de garde type 1846 (cad. ZB 343, 342) : inscription par arrêté du 30 octobre 2000
Personnages clés
| Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire |
Recommande la fortification du site en 1689. |
| Général Noizet - Inspecteur général |
Ordone la conservation de la batterie basse (1848). |
Origine et histoire
Le fort du Bugull est un ensemble militaire implanté sur la pointe du Bugul, à Locmaria (Belle-Île-en-Mer, Morbihan). Son histoire débute dès 1692 avec la construction d’une première batterie, renforcée au XVIIIe siècle par une structure en fer à cheval dotée d’un magasin à poudre et d’un corps de garde. Vauban, lors de son passage en 1689, souligne l’importance stratégique du site pour protéger les Grands Sables et l’anse de Port Yorc’h, conduisant à l’installation d’artillerie lourde (canons de 36 et 24 livres, mortiers) dès le début du XVIIIe siècle.
Au XIXe siècle, le fort est modernisé selon les plans de la Commission mixte d’armement des côtes (1841), avec la construction en 1858-1859 d’une nouvelle batterie en terre et d’un corps de garde type 1846 no 3, conçu pour abriter 30 hommes. Les débats entre ingénieurs militaires retardent les travaux : certains prônent l’abandon de la batterie basse (XVIIIe siècle), tandis que d’autres, comme le général Noizet, en défendent la conservation. Finalisée en 1862 avec des plates-formes d’artillerie en maçonnerie, la batterie est déclassée en 1889, vendue en 1891, puis occupée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.
L’architecture du fort associe deux époques : la batterie basse en moellons, en forme de fer à cheval, et la batterie haute de 1858, terrassée et ouverte à la gorge. Le corps de garde, transformé en logement au XXe siècle, conserve ses créneaux défensifs. Classé monument historique en 2000, le site illustre l’évolution des fortifications côtières françaises, des projets de Vauban aux adaptations du Second Empire.
La position stratégique du Bugull s’inscrit dans un réseau de défense plus large de Belle-Île-en-Mer, incluant les batteries de la Biche et de La Ferrière. Armée successivement de canons de 24 et 30 livres, puis d’obusiers de 22 cm, la batterie reflète les enjeux militaires liés à la protection des côtes bretonnes aux XVIIIe et XIXe siècles. Son déclassement en 1889 marque la fin de son rôle actif, bien que ses terrassements et parapets restent visibles aujourd’hui.
Les sources historiques mentionnent également des équipements annexes, comme un fourneau à réverbère dans la batterie haute et un magasin à poudre dans la partie basse. La transformation du corps de garde en habitation au XXe siècle a altéré certaines de ses façades, mais les structures défensives (parapets, plates-formes) subsistent, malgré la végétation qui a recolonisé une partie des terrassements.