Origine et histoire du Fort du Guesclin
Le Fort du Guesclin est construit en 1026 par un membre de la famille du Guesclin sur un îlot accessible à marée basse, près de Saint-Coulomb en Ille-et-Vilaine. Ce château fort, doté de trois tours, d’un donjon, de deux enceintes et d’une citerne de 33 mètres, fut un point stratégique. En 1207, Jean sans Terre, roi d’Angleterre, l’occupa avant d’en être chassé par Juhel III de Mayenne. Les du Guesclin, jugeant le site trop exposé, l’abandonnèrent vers 1259 pour s’installer au Plessis-Bertrand. Le fort, démantelé, changea plusieurs fois de mains avant d’être rasé en 1757-1759.
Vauban y érigea alors un nouveau fort, incluant une caserne, un magasin à poudre et des plateformes à canons, pour protéger la côte des incursions anglaises. Après avoir perdu son utilité militaire en 1826, le fort fut vendu à des particuliers et transformé en résidence de villégiature. Deux corps de maison furent ajoutés à l’ancienne garnison, formant la structure actuelle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1942, l’armée allemande l’intégra au Mur de l’Atlantique, y installant un canon antiaérien et réaménageant les meurtrières.
De 1959 à 1968, le fort appartint au chanteur Léo Ferré, qui y composa des œuvres majeures comme La Mémoire et la Mer, vivant avec son épouse Madeleine, sa belle-fille Annie et une guenon nommée Pépée. Laissé à l’abandon après son départ, le site fut racheté en 1996 par la famille Porcher, qui le restaura. Depuis 2012, l’association Les Amis de l’île du Guesclin participe à sa valorisation et à sa conservation, préservant ce patrimoine historique et culturel unique.
Aujourd’hui, le Fort du Guesclin incarne à la fois un héritage militaire, avec ses transformations successives, et une dimension artistique, liée à la présence de Léo Ferré. Son isolement sur l’île, accessible seulement à marée basse, ajoute à son caractère mystérieux et préservé, tout en soulignant les défis de sa restauration dans un environnement maritime exigeant.