Origine et histoire du Fort du Larmont inférieur
Le fort du Larmont inférieur, aussi nommé fort Malher, est un fortin militaire érigé entre 1845 et 1851 dans le département du Doubs, sur la commune de La Cluse-et-Mijoux, à 1 032 mètres d’altitude. Il fut conçu pour protéger le fort de Joux, renforcer la défense du passage stratégique de la cluse de Pontarlier, et soutenir les troupes stationnées sur le sommet du Larmont. Sa construction, antérieure au système Séré de Rivières, répondait à l’évolution de la portée de l’artillerie au XIXe siècle, permettant de bombarder le fort de Joux si nécessaire. Initialement appelé fort neuf, il fut partiellement détruit en 1877 par l’explosion de 3 tonnes d’explosifs saisis par la douane, puis reconstruit entre 1882 et 1884.
En 1887, le ministre de la Guerre Georges Boulanger le rebaptisa fort Malher en hommage au général Jean-Pierre Firmin Malher, un chef militaire de la Révolution française. Ce nom, gravé sur le fronton, fut officiellement abrogé la même année par son successeur, Théophile Ferron, bien qu’il demeura visible. Le fort joua un rôle lors de la retraite de l’armée de l’Est vers la Suisse en février 1871, avec des récits locaux évoquant Léandre Merchet, un menuisier devenu gardien de batterie, mort accidentellement en 1875.
Le site fut inscrit aux monuments historiques en 1968, puis classé avec ses abords en 2014. Désaffecté militairement en 1947, il fut cédé en 1958 au Syndicat d’Initiative de Pontarlier. Ses infrastructures, creusées dans la roche sur six niveaux, incluent deux casernes reconstruites en 1882, un corps de garde modifié en 1937 pour intégrer la ligne Maginot (blockhaus du Chauffaud), et un chemin couvert de 230 marches reliant les ouvrages. L’ensemble conserve une allure médiévale, malgré ses fonctions modernes.
Le fortin du Larmont, réalisé entre 1845 et 1851 puis remanié, illustre l’adaptation des fortifications françaises aux progrès techniques du XIXe siècle. Son architecte, l’ingénieur Gaudin, conçut un plan polygonal irrégulier, avec des magasins à poudre et abris taillés dans la roche. Le retranchement du Chauffaud, associé au fort, verrouillait le passage nord-sud de la cluse, soulignant son importance stratégique dans la défense du territoire.
Aujourd’hui propriété d’une communauté de communes, le fort du Larmont inférieur témoigne de l’histoire militaire française, des guerres du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale, en passant par son intégration éphémère à la ligne Maginot. Son classement en 2014 a permis de préserver cet ensemble défensif, marqué par des reconstructions et des réaffectations successives.