Frise chronologique
XIe siècle
Château fort originel
Château fort originel
XIe siècle (≈ 1150)
Premier château mentionné, base du site.
1480-1490
Construction du donjon
Construction du donjon
1480-1490 (≈ 1485)
Œuvre de Jehan II de Brosse, fin guerre de Cent Ans.
1628
Épargné par Louis XIII
Épargné par Louis XIII
1628 (≈ 1628)
Conservé malgré destruction des places fortes.
1666
Fondation arsenal Rochefort
Fondation arsenal Rochefort
1666 (≈ 1666)
Renforce rôle stratégique de Fouras.
1689-1693
Transformation par Vauban/Ferry
Transformation par Vauban/Ferry
1689-1693 (≈ 1691)
Modernisation en forteresse maritime.
1702-1703
Construction des casernes
Construction des casernes
1702-1703 (≈ 1703)
Ajout pour loger la garnison.
1847-1848
Casematage et bastions
Casematage et bastions
1847-1848 (≈ 1848)
Renforcement final des défenses.
13 mars 1987
Classement monument historique
Classement monument historique
13 mars 1987 (≈ 1987)
Protection des bâtiments et sols.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiments (fin XVe siècle), murs d'enceinte (Vauban XVIIe siècle) et sols non bâtis (AI 167) ; sol de l'esplanade s'étalant au Sud-Sud-Ouest (sur lequel était le casernement du fort et des batteries), à l'exclusion des parcelles 165 et 166 (non cadastré, délimité au Nord-Ouest par le mur d'enceinte de la citadelle, à l'Ouest et au Sud-Ouest par l'océan Atlantique, à l'Est et au Nord-Est par la rue Vauban) (cad. AI 167) : classement par arrêté du 13 mars 1987
Personnages clés
| Jehan II de Brosse - Seigneur de L’Aigle |
Constructeur du donjon (1480-1490). |
| Louis XIII - Roi de France |
Épargne Fouras en 1628. |
| Louis XIV - Roi de France |
Ordonne la modernisation du fort. |
| Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire |
Supervise les travaux (1689-1693). |
| François Ferry - Ingénieur du roi |
Dirige la transformation du fort. |
Origine et histoire
Le fort de Fouras, souvent appelé à tort « fort Vauban », s’élève sur les vestiges d’un château fort du XIe siècle. Son histoire débute avec la construction du donjon entre 1480 et 1490 par Jehan II de Brosse, seigneur de L’Aigle, marquant la fin de la guerre de Cent Ans. Le site, stratégique pour contrôler l’embouchure de la Charente, fut épargné par Louis XIII lors de la destruction des places fortes après la prise de La Rochelle (1628), grâce à son rôle clé dans les guerres de Religion.
Au XVIIe siècle, sous Louis XIV, le fort devient un rempart contre les attaques maritimes. Entre 1689 et 1693, l’ingénieur François Ferry, supervisé par Vauban, transforme l’ancienne demeure féodale en une forteresse « à la mer » : épaississement des murs du donjon, création d’une plate-forme à canons à 36 mètres au-dessus de la mer, et construction d’une fausse-braie pour porter l’artillerie. Le donjon, haut de 30 mètres, sert alors de sémaphore pour surveiller les mouvements navals, en lien avec l’arsenal de Rochefort fondé en 1666.
La citadelle, organisée en trois parties (donjon central, fort en U, et fossés vaubaniens), abrite une garnison de 300 à 600 hommes et 50 canons répartis sur trois niveaux. Sa structure évoque un navire de guerre, avec une proue en fer à cheval et des remparts en terrasses. Malgré les tensions avec l’Angleterre et la Hollande, le fort ne tirera jamais un coup de feu, même lors des incursions britanniques de 1757 et 1809. Il reste en service jusqu’à la fermeture de l’arsenal de Rochefort en 1927.
Classé monument historique en 1987, le site illustre l’évolution des fortifications côtières, du Moyen Âge à l’époque moderne. Le donjon du XVe siècle, partie la plus ancienne, coexiste avec les aménagements du XVIIe siècle (courtines, tours massives en à-pic sur la mer), caractéristiques de l’architecture militaire de Vauban. Aujourd’hui, le fort abrite un musée payant, tandis que l’enceinte reste accessible librement.
Les vestiges médiévaux ont disparu, à l’exception du donjon et de la muraille sud de la première enceinte. Le sous-sol du donjon conserve deux pièces voûtées en berceau, tandis que les fossés et flanquements sud, conçus par Vauban, complètent le dispositif défensif. La propriété, cédée à la commune, rappelle l’importance stratégique de Fouras dans la protection du littoral atlantique, des Romains (castrum du Ier siècle av. J.-C.) aux conflits modernes.