Fort Joubert ou Fort Saint-Vincent à Saint-Vincent-les-Forts dans les Alpes-de-Haute-Provence

Patrimoine classé Fortification de Vauban Fort Patrimoine défensif

Fort Joubert ou Fort Saint-Vincent

  • Le Rocher de Guerre 
  • 04340 Saint-Vincent-les-Forts
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1600
1700
1800
1900
2000
1882-83
Modifications majeures
1690
Brûlage par les hommes du duc de Savoie
1692
Proposition de Vauban
1693
Début des travaux
1696
Construction de la tour
1700
Retour de Vauban
1713
Abandon du fort
1887
Nomination du fort
1994
Classement historique
2002
Restauration de la tour
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Fort, y compris la tour à hourds (cad. B 102, 107, 552, 553) : classement par arrêté du 18 juillet 1994

Personnages clés

Vauban Ingénieur militaire ayant proposé le projet initial du fort.
Creuzet de Richerand Ingénieur ayant dirigé les travaux à partir de 1693.
Général Joubert Le fort est nommé en son honneur en 1887.

Origine et histoire du Fort Joubert

Le fort Joubert, dit aussi fort Saint-Vincent, se situe à Saint-Vincent-les-Forts dans les Alpes-de-Haute-Provence. En 1692 Vauban propose d’y établir une redoute « à mâchicoulis » de plan carré sur quatre niveaux, cantonnée en diagonale par deux échauquettes et entourée d’une enceinte bastionnée en losange percée de portes et dotée de tours semi-circulaires ; l’ingénieur Creuzet de Richerand prend la direction des travaux à partir de 1693 et adapte le tracé de l’enceinte. Les mâchicoulis et l’un des niveaux prévus ne sont pas réalisés, et le second projet de Vauban visant à entourer le village n’est exécuté que partiellement avec la construction de trois échauquettes. En 1696 Richerand fait édifier, en avant du fort, une tour ronde à hourds reliée par une galerie de bois de 300 mètres servant de poste de guet ; cette tour subsiste sous le nom de tour Vauban. Vauban revient sur place en 1700, critique certaines modifications et propose des corrections, des casernes et un rempart, mais faute de moyens l’enceinte du village n’est pas réalisée. L’Ubaye devenant française en 1713, le fort perd de son importance et est abandonné au XVIIIe siècle, avant de retrouver une utilité pendant la Révolution. Aux XIXe siècle plusieurs projets — notamment entre 1825 et 1843 pour un second fort moderne avec casemates à la Haxo — restent en grande partie sans suite. Dans le cadre du système Séré de Rivières lancé à partir de 1873, Saint-Vincent est intégré comme place arrière du verrou de Tournoux et, entre 1879 et 1887, des ouvrages complémentaires sont construits, dont la caserne défensive Courtigis et la redoute de Chaudon ; sur les hauteurs sont installés un poste crénelé et plusieurs batteries. En 1882-83 la redoute issue du projet initial est abaissée d’un étage et d’une moitié d’étage, deux casemates voûtées sont ajoutées, le pont-levis est supprimé et remplacé par un tunnel creusé dans la roche qui sert d’entrée actuelle. Le fort reçoit le nom du général Joubert en 1887 et fait partie de l’Organisation défensive de l’Ubaye. En 1945 la charpente de la tour à hourds est détruite par la foudre ; la tour se dégrade jusqu’à une campagne de restauration engagée à partir de 2002. L’édifice, acheté en 1997 par des propriétaires privés, est restauré par l’Association des Amis du fort Saint-Vincent et ouvert au public lors des Journées européennes du patrimoine. Le site est classé au titre des monuments historiques en 1994.

Liens externes