Frise chronologique
1808
Ordre de construction par Napoléon Ier
Ordre de construction par Napoléon Ier
1808 (≈ 1808)
Visite d’inspection et esquisses initiales.
1812
Renommage en fort Liédot
Renommage en fort Liédot
1812 (≈ 1812)
Hommage au colonel mort en Russie.
1810–1834
Construction du fort
Construction du fort
1810–1834 (≈ 1822)
Dirigée par l’ingénieur Thuillier, achèvement en 1834.
1863
Tirs d’entraînement français
Tirs d’entraînement français
1863 (≈ 1863)
Première et unique « attaque » subie.
1871
Prisonniers communards
Prisonniers communards
1871 (≈ 1871)
Détenus après la chute de la Commune.
1917
Mutins russes emprisonnés
Mutins russes emprisonnés
1917 (≈ 1917)
249 soldats après La Courtine.
1959–1961
Déention d’Ahmed Ben Bella
Déention d’Ahmed Ben Bella
1959–1961 (≈ 1960)
Dirigeant du FLN et futur président algérien.
1989
Rachat par le Conservatoire du littoral
Rachat par le Conservatoire du littoral
1989 (≈ 1989)
Début de la réhabilitation.
1995
Classement monument historique
Classement monument historique
1995 (≈ 1995)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fort, avec ses fossés et son glacis (cad. B 792) : classement par arrêté du 8 septembre 1995
Personnages clés
| Napoléon Ier - Empereur des Français |
Commanditaire et concepteur initial du fort. |
| Colonel Liédot - Militaire français |
Hommage posthume par le nom du fort. |
| Ingénieur Thuillier - Directeur des travaux |
Supervisa la construction (1810–1834). |
| Ahmed Ben Bella - Dirigeant du FLN et président algérien |
Détenu de 1959 à 1961. |
| Afanasie Globa - Meneur de la mutinerie russe (1917) |
Prisonnier parmi les 249 soldats. |
Origine et histoire
Le fort Liédot, initialement nommé fort de la Sommité, fut ordonné par Napoléon Ier en 1808 pour défendre l’île d’Aix contre les débarquements ennemis. Construit entre 1810 et 1834 sous la direction de l’ingénieur Thuillier, ce fort carré de 90 mètres de côté, doté de quatre bastions, utilise des pierres acheminées depuis les carrières de Crazannes. Semi-enterré pour résister aux tirs d’artillerie, il incarne l’expertise des officiers du Génie militaire. Renommé en 1812 en hommage au colonel Liédot, mort pendant la campagne de Russie, il est le seul exemplaire de redoute-modèle no 1.
Bien que conçu pour la défense, le fort ne subit jamais d’attaque réelle, hormis des tirs d’entraînement français en 1863. Il fut principalement utilisé comme prison : d’abord pour des prisonniers politiques après la Commune de Paris en 1871, puis pour des mutins russes en 1917 (dont 249 soldats, dont certains moururent de la grippe espagnole). Entre 1959 et 1961, il détint Ahmed Ben Bella et ses compagnons du FLN, sous haute surveillance militaire. Ces années marquèrent durablement l’île, divisée et militarisée.
Après la Seconde Guerre mondiale, le fort devint une colonie de vacances gérée par le ministère des Armées (1948–1958, puis 1962–1980). Laissé à l’abandon, il fut racheté en 1989 par le Conservatoire du littoral, qui entreprit sa réhabilitation. Classé monument historique en 1995, il est aujourd’hui ouvert aux visites, attirant randonneurs et cyclistes. Son architecture unique et son histoire mouvementée en font un témoignage majeur du patrimoine militaire français.
Le fort s’inscrit dans un dispositif de défense de l’embouchure de la Charente et de l’arsenal de Rochefort. Sa structure, protégée par une enveloppe de terre de 380 mètres de côté, illustre les innovations stratégiques du XIXe siècle. Les modifications tardives (1878–1880, 1889) renforcèrent son rôle de réduit dans un camp retranché. Les pierres, transportées par voie fluviale depuis Saint-Savinien, soulignent l’effort logistique de l’époque.
Parmi ses détenus célèbres figurent des Communards, les meneurs de la mutinerie russe de La Courtine (1917), et Ahmed Ben Bella, futur président algérien. Ces épisodes reflètent les tensions politiques et coloniales de la France aux XIXe et XXe siècles. Le fort, propriété publique, reste un symbole des mutations de son usage, de la répression à la préservation patrimoniale.