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Fort Paté à Blaye en Gironde

Patrimoine classé Patrimoine militaire Fort Patrimoine défensif
Fort Paté
Fort Paté
Fort Paté
Fort Paté
Fort Paté
Fort Paté
Fort Paté
Fort Paté
Fort Paté
Fort Paté
Fort Paté
Crédit photo : GBR2blaye - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
33390 Blaye, 2 Allée Marines

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1690
Validation royale
1693
Fin des travaux
17 juillet 1935
Première protection
1948
Changement de propriétaire
7 juillet 2008
Patrimoine UNESCO
9 octobre 2013
Classement définitif
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le Fort-Pâté et ses casemates avec le sol de leur parcelle d'implantation (cad. AX 1) : classement par arrêté du 9 octobre 2013

Personnages clés

Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire Concepteur du triptyque défensif de la Gironde.
Louis XIV - Roi de France Commanditaire et validateur du projet en 1690.
Bazin de Bezons - Intendant royal Signale l'érosion de l'île en 1685.

Origine et histoire du Fort Paté

Le fort Paté est une fortification militaire construite entre 1689 et 1693 sur l’île Paté, dans l’estuaire de la Gironde, sous la direction de Vauban. Il fait partie d’un système défensif tripartite avec la citadelle de Blaye et le fort Médoc, conçu pour empêcher les navires ennemis d’atteindre Bordeaux. Louis XIV valide sa construction en 1690, malgré les défis posés par le sol instable de l’île, un banc de sable formé quelques décennies plus tôt. Pour stabiliser les fondations, un double grillage de bois fut installé, et des techniques locales utilisant des excréments mélangés à du sable et du calcaire permirent de consolider les berges.

De forme ovale et mesurant 12 mètres de haut, le fort est construit en pierre de taille et en brique, avec 32 meurtrières au rez-de-chaussée entourant le magasin à poudre. Son armement initial, documenté en 1759, comprenait 8 canons de 36 livres, 10 de 24 livres et 2 de 12 livres. Les tirs depuis la batterie basse visaient la ligne de flottaison des navires (« tir à couler bas »), tandis que la terrasse servait au « tir à démâter », utilisant des chaînes pour détruire les mâts ennemis. Le fort, bien que conçu comme une architecture dissuasive plus que strictement défensive, joua un rôle clé dans la protection de Bordeaux contre les menaces anglaises ou espagnoles.

Classé monument historique en 1935 puis en 2013, le fort Paté est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, aux côtés des autres sites majeurs de Vauban. Son nom, initialement lié à l’utilisation de matières fécales (« Isle Chiabrena ») pour la consolidation des berges, fut officiellement changé en « fort Paté » par décret royal, en référence à la forme ronde du pâté préféré de Louis XIV. En 1948, il fut acquis par un notaire médocain, avant d’être mis en vente par ses descendants en 2014. Aujourd’hui, il témoigne des innovations techniques de l’époque et de l’ingéniosité de Vauban dans l’adaptation aux contraintes géographiques.

L’île Paté, autrefois instable et sujette à l’érosion, fut stabilisée grâce à des techniques combinant végétaux, excréments et calcaire, créant un cercle vertueux permettant la construction durable. Les guérites en pierre, les gargouilles pour l’évacuation des eaux et la citerne souterraine illustrent une architecture minimaliste mais fonctionnelle. Bien que moins ambitieux que le projet initial (un fort à quatre bastions), le fort Paté reste un exemple emblématique de l’art militaire du XVIIe siècle, alliant stratégie défensive et adaptation au terrain.

Liens externes

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