Frise chronologique
XIIe siècle
Premières fortifications
Premières fortifications
XIIe siècle (≈ 1250)
Construction des deux châteaux sur la butte.
1570-1580
Rénovation par Montmorency
Rénovation par Montmorency
1570-1580 (≈ 1575)
Henri Ier de Montmorency unit la seigneurie.
1621
Siège d'Alès
Siège d'Alès
1621 (≈ 1621)
Ruines des châteaux après les guerres.
1632
Destruction des tours
Destruction des tours
1632 (≈ 1632)
Tours abattues après révolte d'Orléans.
1685
Révocation de l'édit de Nantes
Révocation de l'édit de Nantes
1685 (≈ 1685)
Contexte déclencheur de la construction.
1686
Début des travaux
Début des travaux
1686 (≈ 1686)
Décision de Basville, financement provincial.
1686-1688
Construction du fort
Construction du fort
1686-1688 (≈ 1687)
Œuvre de François Ferry, inspiré de Vauban.
1688
Achèvement du fort
Achèvement du fort
1688 (≈ 1688)
Installation de la garnison royale.
1789
Transformation en prison
Transformation en prison
1789 (≈ 1789)
Révolution : propriété nationale.
1790-1810
Prison et cession partielle
Prison et cession partielle
1790-1810 (≈ 1800)
Devenu prison nationale puis partagé.
24 mai 1973
Classement partiel
Classement partiel
24 mai 1973 (≈ 1973)
Bastions et échauguettes protégés.
juin 1990
Fermeture de la prison
Fermeture de la prison
juin 1990 (≈ 1990)
Fin de son usage carcéral.
1990
Fermeture de la prison
Fermeture de la prison
1990 (≈ 1990)
Fin de l'usage carcéral du fort.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bastions avec leurs échauguettes, courtines, porte et pont d'accès (cad. CB 144) : inscription par arrêté du 24 mai 1973
Personnages clés
| François Ferry - Ingénieur en chef |
Dirigea la construction du fort (1686-1688). |
| Intendant Basville - Promoteur du projet |
Commanditaire pour contrôler les protestants. |
| Michel Raulet - Architecte local |
Recruta entrepreneurs pour les travaux. |
| Henri Ier de Montmorency - Seigneur d'Alès (XVIe s.) |
Unifia la seigneurie et rénova châteaux. |
| Intendant de Basville - Promoteur des fortifications |
Initiateur du projet pour contrôler protestants. |
Origine et histoire
Le fort d'Alès, souvent attribué à Vauban bien qu'il n'y ait jamais travaillé, fut édifié entre 1686 et 1688 sur la colline de la Roque, surplombant la ville. Ce projet, mené par l'intendant Basville après la révocation de l'édit de Nantes (1685), visait à contrôler les assemblées protestantes cévenoles. François Ferry, ingénieur en chef et élève de Vauban, supervisa les travaux, tandis que Michel Raulet recrutait les ouvriers locaux. Le fort remplaça les ruines des châteaux comtal et baronnial, ainsi que le couvent des Capucins, dont les pierres furent réutilisées.
Conçu en forme de U, le fort abritait deux corps de logis : l'un pour le gouverneur et l'état-major, l'autre pour la garnison et les prisonniers protestants. Son enceinte défensive comprenait six bastions, quarante embrasures à canon, un fossé, et une porte principale couverte par une demi-lune. La tour Sainte-Anne et le château des barons furent démolis, seule une porte du XIIIe siècle étant conservée. Dès 1688, une garnison royale y fut installée, marquant son rôle répressif dans la région.
Après la Révolution, le fort devint une prison nationale (1789), puis fut partiellement cédé à la ville d'Alès en 1810 pour y établir des ateliers de charité et des prisons civiles. Les conflits de propriété entre l'État, la ville et le département du Gard se multiplièrent au XIXe siècle, notamment après sa transformation en maison d'arrêt (1830-1990). Le fort servit aussi de caserne, de gymnase (1880), et abritera plus tard un musée et une bibliothèque. Malgré son nom, il est l'œuvre de François Ferry, inspirée des principes de Vauban.
Le site, classé partiellement aux Monuments Historiques en 1973 (bastions, échauguettes, porte), fut le théâtre de tensions entre ses usages carcéraux et publics. La prison ferma définitivement en 1990, mais le département du Gard en reste propriétaire. Les fossés et certains bastions (comme ceux de la Roque ou des Capucins) subsistent, bien que les ouvrages avancés aient disparu avec l'aménagement de jardins publics.
Le fort symbolise les luttes religieuses des Cévennes : lieu de répression post-révocation de l'édit de Nantes, il emprisonna aussi des résistants pendant les deux guerres mondiales. Son architecture, bien que typique du système Vauban (étoile, bastions), reflète les adaptations locales par Ferry, sans intervention directe du maître. Aujourd'hui, il incarne un patrimoine militaire et mémoriel complexe, entre héritage répressif et réappropriation civile.