Congrès de Vienne 1815 (≈ 1815)
Indemnités françaises financent les forts.
1819-1834
Construction des forts
Construction des forts 1819-1834 (≈ 1827)
Édification de la barrière de l’Esseillon.
1857
Alliance franco-sarde
Alliance franco-sarde 1857 (≈ 1857)
Rend les forts obsolètes.
1860
Traité de Turin
Traité de Turin 1860 (≈ 1860)
Annexion de la Savoie par la France.
1943
Seconde Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale 1943 (≈ 1943)
Camp de prisonniers italien.
30 décembre 1991
Classement monument historique
Classement monument historique 30 décembre 1991 (≈ 1991)
Protection officielle du fort.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Forts de l'Esseillon : Fort Victor-Emmanuel et cimetière sarde (cad. E 243, 136) : classement par arrêté du 30 décembre 1991
Personnages clés
William Turner - Peintre anglais
Aquarelle du fort (années 1830).
Montalembert - Ingénieur militaire
Modèle architectural des forts.
Napoléon III - Empereur des Français
Ordonne destruction partielle (1860).
Origine et histoire du Fort Victor-Emmanuel
Le fort Victor-Emmanuel fait partie de la barrière de l'Esseillon, un ensemble de cinq fortifications édifiées entre 1819 et 1834 sur un verrou rocheux dominant la haute-vallée de l’Arc, en Maurienne. Ces forts, financés par les indemnités françaises versées au royaume de Sardaigne après le congrès de Vienne (1815), devaient protéger le versant cisalpin d’une invasion française. Leur construction, impulsée par l’Autriche, visait aussi à sécuriser le col du Mont-Cenis, passage stratégique vers le Piémont. Le fort Victor-Emmanuel, le plus grand du complexe, pouvait abriter une garnison de 1 500 hommes. Conçus selon le modèle de Montalembert (tirs croisés et tours à canons), ces ouvrages remplaçaient les anciennes fortifications du val de Suse, détruites en 1796.
Malgré leur rôle défensif, les forts de l’Esseillon n’ont jamais connu de combat. L’alliance franco-sarde de 1857 les rendit obsolètes, et le traité de Turin (1860), actant l’annexion de la Savoie par la France, exigea leur destruction — partiellement appliquée, sauf pour le fort Charles-Félix. Réutilisés par l’armée française pour se prémunir d’une invasion italienne, ils servirent brièvement lors de la Seconde Guerre mondiale : en 1943, le fort Victor-Emmanuel devint un camp de prisonniers sous occupation italienne. Abandonnés en 1967, ils furent restaurés à partir des années 1970 par des bénévoles, devenant aujourd’hui des sites touristiques et culturels.
Le fort Victor-Emmanuel, classé monument historique en 1991, illustre l’architecture militaire sarde du XIXe siècle. Son histoire reflète les tensions géopolitiques entre la France, le Piémont-Sardaigne et l’Autriche, ainsi que l’évolution des frontières alpines. Le peintre William Turner l’a immortalisé dans une aquarelle (années 1830), témoignant de son importance symbolique. Aujourd’hui, le site abrite un centre d’interprétation, des expositions, et des activités de plein air, gérés en partie par l’Association des Forts de l’Esseillon, fondée en 1970.