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Forteresse de Salses à Salses-le-Château dans les Pyrénées-Orientales

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Forteresse
Pyrénées-Orientales

Forteresse de Salses

    Le Portichol
    66600 Salses-le-Château
Propriété de l'Etat
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Forteresse de Salses
Crédit photo : Albert Sarola Juanola - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1496
Destruction du village et château originel
1497–1503
Construction de la forteresse
1503
Premier siège français
1538
Visite de Charles Quint
1639–1642
Sièges pendant la guerre de Trente Ans
1659
Traité des Pyrénées
1691
Restauration par Vauban
1886
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château : classement par arrêté du 12 juillet 1886 ; La forteresse de Salses avec l’ensemble de son dispositif de défense, situés sur la parcelle 19 de la section AA du cadastre, tels qu’ils figurent délimités et hachurés en rouge sur le plan annexé à l’arrêté : classement par arrêté du 27 juin 2018.

Personnages clés

Ferdinand II d'Aragon - Roi catholique Commanditaire avec Isabelle de Castille.
Isabelle de Castille - Reine catholique Financeuse de la construction.
Francisco Ramiro López - Ingénieur militaire Concepteur de la forteresse.
Commandeur Ramírez - Grand artilleur Responsable des travaux.
Charles Quint - Empereur Visita la forteresse en 1538.
Vauban - Ingénieur militaire Restaura partiellement en 1691.

Origine et histoire

La forteresse de Salses est un ouvrage militaire innovant construit entre 1497 et 1503 par les rois catholiques espagnols, Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille, sur un point stratégique entre le Languedoc et le Roussillon. Située sur une étroite bande littorale, elle verrouillait le passage des armées, notamment pour l'artillerie lourde, grâce à sa position entre les Corbières et l'étang de Leucate. Son architecture semi-enterrée, avec des murs de 6 à 10 mètres d'épaisseur, répondait aux défis posés par l'artillerie à boulets métalliques, marquant une transition entre les châteaux médiévaux et les fortifications bastionnées.

Conçue par l'ingénieur Francisco Ramiro López et le commandeur Ramírez, la forteresse coûta 500 kg d'or (20 % du budget castillan). Dès 1503, elle résista à un siège français où explosa la première mine de guerre enregistrée, causant 600 victimes. Modifiée après ce siège (ajout d'un talus de maçonnerie), elle fut visitée par Charles Quint en 1538 avant de perdre son avantage militaire face aux bastions italiens. Pendant la guerre de Trente Ans (1639–1642), elle changea trois fois de mains avant d'être définitivement française en 1642.

Après le traité des Pyrénées (1659), qui fixa la frontière plus au sud, la forteresse perdit son rôle stratégique. Vauban la restaura partiellement en 1691, et elle servit de prison (affaire des poisons sous Louis XIV) puis de magasin à poudre au XIXe siècle. Classée monument historique en 1886, elle illustre une synthèse unique des traditions militaires espagnole, italienne et bourguignonne, avec des innovations comme des galeries de contre-mine, un système hydraulique avancé, et une architecture adaptée aux canons.

Son plan rectangulaire (115 x 90 m) sépare une place d'armes (casernements, écuries pour 300 chevaux) d’un réduit autonome abritant magasins, prison et boulangerie. Le donjon (tour de l’Hommage), haut de 26 m, servait de dernier refuge, avec des chambres de tir et un puits. Les tours d’angle (jusqu’à 21 m de haut) et les ouvrages avancés en demi-lune reliés par des caponnières renforçaient sa défense. La forteresse combinait tir rasant, fossés secs (avec cunette de drainage), et un labyrinthe de couloirs piégés.

Les matériaux, comme la brique catalane (résistante aux boulets) et la pierre dure, reflètent son adaptation aux nouvelles armes. Malgré des défauts (angles morts dans les tours circulaires, escarpes trop hautes), elle influença les fortifications modernes. Aujourd’hui gérée par le Centre des monuments nationaux, elle abrite aussi des expositions d’art contemporain et fut immortalisée dans la bande dessinée Alef-Thau (Jodorowsky/Arno).

Liens externes