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Fortifications d'Aire-sur-la-Lys dans le Pas-de-Calais

Patrimoine classé Patrimoine défensif Fortification

Fortifications d'Aire-sur-la-Lys

  • 50 Route d'Hazebrouck
  • 62120 Aire-sur-la-Lys
Fortifications dAire-sur-la-Lys
Fortifications dAire-sur-la-Lys
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Fortifications dAire-sur-la-Lys
Fortifications dAire-sur-la-Lys
Crédit photo : JonathanF08 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
62120 Aire-sur-la-Lys, 50 Route d'Hazebrouck

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Construction de la motte castrale
1200-1520
Période médiévale des remparts
1522-1570
Modernisation par Charles Quint
1676
Siège et rattachement à la France
1740-1761
Travaux des contre-gardes
1893
Démantèlement des fortifications
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Fort Saint-François (appelé aussi fort Gassion) , ses vestiges visibles, ainsi que le sol abritant les vestiges des fortifications (cad. ZB 44, 45, 125, 127) : inscription par arrêté du 27 avril 1990

Personnages clés

Charles Quint - Empereur des Habsbourg Modernise les fortifications au XVIe siècle.
Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire Renforce les défenses après 1676.
Matthieu Demus - Ingénieur du XVIIIe siècle Conçoit contre-gardes et casernes.
Étienne Chevalier de Lencquesaing - Ingénieur militaire Achève les demi-lunes et corps de garde.
André Faucquette - Maire d'Aire-sur-la-Lys Sauve les portes d’Arras et Saint-Omer.

Origine et histoire des fortifications

Les fortifications d'Aire-sur-la-Lys ont protégé la ville du Moyen Âge jusqu’à leur démantèlement en 1893. Initialement conçues comme une motte castrale au XIe siècle par les comtes de Flandre, elles évoluent avec l’ajout d’un second château au XIIIe siècle, entouré de remparts et de fossés. Ces défenses médiévales, renforcées aux XIVe et XVe siècles, intègrent des tours rondes et des systèmes de veille, reflétant l’organisation bourgeoise de la protection urbaine.

Au XVIe siècle, face à l’émergence de l’artillerie et aux conflits entre la France et les Habsbourg, Charles Quint modernise les fortifications en ajoutant des boulevards puis des bastions (Thiennes, porte d’Arras, porte de Saint-Omer, Notre-Dame). Ces aménagements, typiques de la fortification bastionnée, transforment Aire en une place forte stratégique aux Pays-Bas espagnols. Les plans de l’ingénieur Giovanni Maria Olgiati (1553) attestent de cette transition vers des structures adaptées aux canons.

La ville, devenue française après le siège de 1676, bénéficie des améliorations de Vauban. Entre 1682 et 1686, l’ingénieur Gourdin, sous sa direction, renforce les défenses par des contre-fossés, des batardeaux et un système d’inondation des abords. Vauban appuie aussi la suppression de certains ouvrages à corne au profit de demi-lunes, optimisant la protection des portes. Ces travaux s’inscrivent dans la politique du Pré Carré, faisant d’Aire une pièce maîtresse du dispositif défensif nord.

Au XVIIIe siècle, trois figures marquent les fortifications : Matthieu Demus (contre-garde de Thiennes, casernes), Louis Courdoumer (achèvement des contre-gardes), et Étienne Chevalier de Lencquesaing (demi-lunes, corps de garde). Leurs interventions, entre 1740 et 1761, parachèvent un réseau de quatre contre-gardes et modernisent les infrastructures militaires, comme la caserne de la Blanchierie. Après 1760, l’entretien prime sur les innovations, malgré des rapports annuels réclamant des fonds.

Le démantèlement, décidé en 1871 mais effectif à partir de 1893, s’étale sur trois ans. Malgré des résistances locales et des accidents mortels liés aux explosifs, les remparts cèdent pour laisser place à des boulevards et des réseaux urbains (gaz, accès). Le coût final (925 000 francs) dépasse largement les estimations, mais libère des terrains vendus par la ville. Seuls subsistent aujourd’hui des vestiges comme les portes d’Arras et de Saint-Omer, le bastion des Chanoines, ou la poudrière du XVIIIe siècle.

Parmi les éléments préservés, le bastion de Beaulieu (XVIIe siècle) et la poudrière (restaurée en 1991) illustrent l’héritage espagnol, tandis que le fort Saint-François (ou Gassion) et les casernes réhabilitées en logements témoignent de l’adaptation civile de ce patrimoine. La chapelle du fort, déplacée à La Motte-au-Bois, symbolise aussi les recompositions post-démantèlement. Ces traces matérielles rappellent les trois sièges subis par la ville et son rôle de ville-frontière entre royaumes.

Liens externes

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